dimanche 28 février 2010

& Deux mois de vie

Je suis parmi vous depuis deux mois et j'aime bien...
Tout autour de moi, il n'y a que douceur, bisous, câlins et tendresse.
Mes parents m'ont préparé une adorable chambre pleine de couleurs chaudes et de petits zanimos  rigolos. J'ai aperçu plein de peluches et je crois que ça va pas être facile de choisir mon doudou!
On me dépose régulièrement dans un lit doux et confortable et je suis bien au chaud dans une gigoteuse toute moelleuse. Je porte de petits pyjamas (aujourd'hui, on dit des "dors bien"!) tout mimis et bien chauds.
Quand je me sens bien et tranquille, je parle aux petites bestioles colorées qui tournicotent au-dessus de mon lit. J'ai entendu dire que c'était ma maman qui avait fait cette jolie chose...

Elle est si tendre ma maman!... Elle me nourrit et j'aime bien être tout contre elle pour faire des câlins. J'aime tellement que je m'endors souvent avant d'avoir fini mon casse-croûte... Pas grave, je redemande et elle me redonne.
Mon gentil papa me prend souvent contre lui et je me sens en sécurité dans ses bras de papa... J'aime bien lui raconter des histoires quand il me change. Papa et Maman semblent ne pas tout comprendre de mes petits discours mais ça a l'air de leur faire plaisir quand je gazouille (et quand je souris!), alors je continue.

D'autres personnes, de temps en temps, se penchent sur mon berceau puis me prennent dans leurs bras. Ils s'appellent Papy et Mamie et ont l'air sympa aussi. Ils me parlent doucement, me font des bisous tout le temps, sourient en permanence en disant "Oh! Qu'il est beau!" et apportent toujours des trucs. Je verrai cela plus tard!

De temps en temps, je suis dans mon cosy ou sur un joli tapis avec une grosse vache et je vois que plein d'autres choses se passent autour de moi. Je ne sais pas encore très bien à quoi tout cela correspond mais j'ai le temps d'apprendre.

 Mes parents et le reste de la famille m'appellent "le bébé du bonheur". Je crois savoir pourquoi!

Petite main de Clément (Photo Mamie Epamin')

vendredi 26 février 2010

& Norbert & C°

En ce temps-là,  les enfants installés sur le siège arrière des véhicules avaient le droit de s'allonger sur la banquette, de s'asseoir dans n'importe quelle position et surtout, ils avaient l'autorisation de se mettre à genoux pour regarder par la vitre arrière...
Et là, quel bonheur!

Quand papa doublait un camion, vite...on se mettait à genoux et on faisait "coucou" au chauffeur!
Rares étaient les routiers qui ne nous répondaient pas d'un amical signe de la main. Notre enthousiasme était à son comble lorsque l'on avait droit, en prime, à un grand coup de klaxon ou à un sublime appel de phares!
Durant les milliers de kilomètres que nous avons parcourus, ma petite sœur et moi, avec nos parents, maints camionneurs, de tous les pays, nous ont adressé un signe amical. L'abruti, le "bécile" qui ne nous répondait pas était automatiquement traité de "Pauv' plouc!" (insulte suprême dans notre esprit d'enfant!).

Plus tard, quand je me suis retrouvée assise au volant de ma voiture, c'est ma fille qui "faisait coucou!"... Avec elle, nous avons croisé, suivi et doublé des centaines de Nono (Norbert Dentressangle avec ses beaux camions rouges!), des Darfeuille, des Transalliance, des Sotrameuse, des Quil, des BSM, les Déménageurs Bretons,  les Pneus Laurent et tant d'autres... et ils ont tous glissé un peu de bonheur dans nos longs voyages. Merci à vous, les routiers!

Aujourd'hui, plus question de "faire coucou!" à l'arrière des voitures puisque la ceinture est obligatoire pour tous les passagers mais Max Meynier avait raison quand il disait, chaque soir, sur RTL:
"Les routiers sont sympas".

Camion en marche (Photo prise par Epamin' depuis le TGV!)

jeudi 25 février 2010

& L'enfant qui parlait à...

Comme il est mignon, ce petit garçon!
Je l'ai rencontré un midi, alors qu'il était tout seul au milieu de la forêt et aussitôt, je l'ai aimé.
Ses grands yeux, ses charmantes espiègleries, son bon cœur et sa fraîcheur d'âme ont su me  ravir. Mais il ne me faut pas grand chose pour être contente, vous le savez bien!
Confiant, l'enfant m'a raconté sa troublante histoire. 
Il a été abandonné devant la porte d'un monastère par sa maman, que l'on ne retrouve pas et a été recueilli et élevé par une poignée de moines truculents mais bienveillants qui lui ont donné le prénom de Marcelino.
En grandissant,  le petit bonhomme a découvert qu'il pouvait parler aux animaux car il est né la nuit d'une millième lune.
Inlassablement, il met son fabuleux pouvoir au service des animaux et tente de faire le bien autour de lui.

Histoire mièvre diront certains (je vous passerai les mots injurieux qui sont attribués à cette production pour les enfants!) mais qui a le mérite de ne véhiculer aucune image de violence sauvage et qui me rappelle un peu l'histoire de "Belle & Sébastien"!

En cherchant si cette série de dessin animé s'inspirait d'une histoire réelle, j'ai découvert qu'un film espagnol de 1955 racontait l'histoire de Marcelino Pan y Vino, d’après le récit de José María Sánchez Silva (1911-2002), écrivain et journaliste espagnol célèbre pour ses contes pour enfants.

On ne trouve pas dans ce long métrage de petites bêtes qui parlent ni la jolie Candela,  mais on voit la bonne bouille d'un gamin souriant qui s'invente un compagnon de jeux, Manuel, qui parle avec le Christ (un peu comme Fernandel dans "Dom Camillo"!) et qui porte sur le monde adulte un regard clair!

Y'a des fois où c'est bien de garder son âme d'enfant!

mercredi 24 février 2010

& Les belles des grands chemins

Dehors, à chaque saison, on les voit mais on ne les regarde pas toujours.
Selon le temps qu'il fait, les belles des grands chemins se font coquettes ou mystérieuses, pleureuses ou radieuses.
Certaines sont très vieilles et portent les marques du temps.
D'autres, plus jeunes, regardent le ciel et se dressent fièrement.
Parfois, on remarque ici ou là, quelques blessures ou plaies
que des âmes charitables ont pansées avec bonté.

J'aime croiser ces belles dames un peu partout, ici, là-bas, car elles ont de longues et belles histoires à me raconter. Comme des aïeules fatiguées à la mémoire parfois chancelante, elles portent en elles les visages du temps passé et les épreuves endurées.

Elles m'enchantent par leur corps froid de bois, de pierre ou de fer caressé longtemps par tant de regards chauds.
Elles ne sont jamais là par hasard, les belles!
On les a posées là pour célébrer ou pour honorer, pour délimiter ou pour signaler, pour commémorer ou pour rendre grâce, pour implorer ou pour expier, pour prier ou pour protéger... et longtemps, elles guidèrent les pas et l'esprit des hommes et des femmes.

A l'entrée d'un village ou d'une ville, accolée à une maison, dans un cimetière, près d'un pont, aux abords d'une fontaine, sur une vieille pierre aux origines païennes, à la croisée des chemins, au bord d'un sentier ou d'une route, au milieu d'un pré, elles bravent le temps et les idées des hommes! Certaines sont restaurées, réhabilitées ou même déplacées et retrouvent une nouvelle jeunesse. D'autres, hélas, n'ont pas cette chance et sont dans un bien triste état...

Elles font partie de notre patrimoine au même titre que les fontaines, les ponts et les lavoirs et elles jalonnent nos promenades aux quatre coins de la France. Lorsque j'en vois une, j'imagine combien elle fut, jadis, respectée, vénérée et fleurie et j'aime l'idée qu'elle a pu apporter, à certains humains, un peu de réconfort dans des moments de détresse!

Regardez comme elles sont belles, les croix de nos chemins!


Profil de croix de village (Photo Epamin')

mardi 23 février 2010

& Une belle histoire

Comme ils étaient beaux tous les deux!

Il avait revêtu son costume de James West, son gilet de velours et son nœud papillon.
Elle avait mis ses escarpins, son élégant pantalon, sa belle tunique noir et argent et portait quelques jolis colifichets.

Comme depuis cinquante ans, leurs deux cœurs ont battu à l'unisson à l'appel de leur nom.
Comme depuis cinquante ans, ils ont marché main dans la main pour recevoir fleurs, médaille et parchemin.
Comme depuis cinquante ans, ils se sont regardés avec amour et ils ont souri avec tendresse.
Comme depuis cinquante ans, ils ont ri ensemble.
Comme depuis cinquante ans, ils ont pleuré ensemble.

Comme les amoureux de Peynet...

Oratoire sur le plateau de la Garoupe (Photo Epamin')

mercredi 17 février 2010

& V.I.P.P.

Alphabet : chapitre 16

Very Important Petit P
pour avoir :
- la Paix dans tous les Pays et pour tous les Peuples;
- une Planète Propre et Partagée équitablement;
- des Pleines Potiches d'eau Pure pour toutes les Personnes du Pôle au Pôle;
- chaque jour, au moins, du Pain, un Plat de Pâtes ou de Patates, du Pâté, une Pomme ou une Poire, un Pot de lait, une Part de Pudding pour Paul, Pablo, Paolo, Poul, Pavel, Povilas, Pavlos, Pawel, Paavo, Paulo, Poolou, Paoluo, Paki, Pongwa, Pedio, Paradzanaï, Pandu, Pra, Plaxico, Psammetichus... et leurs copines;
- une Population Planétaire Prévenue et Prudente;
- des Paysages et des Populations Protégés contre le Profit et la Pollution;
- des Parents Présents, Prévenants et Patients pour leurs Petits Poussins;
- du Papier recyclé et une Plume libre pour tous les Poètes, les Professeurs, les Philosophes et les Penseurs du monde;
- Partout des Présidents et des Possesseurs de Pouvoir Politiquement et Personnellement Potables;
- des Prisons Pleines à Perpétuité de Pédophiles mais vides de Prisonniers Politiques;
- des Paysans Propriétaires de leurs Passé, de leur Présent, de leurs Projets, de leurs Plantes, de leurs Prairies et du Pis de leurs vaches,
- une Presse libre, des Présentateurs Polis, des Programmes Passionnants qui rendent intelligents;
- des Parisiens et des Provinciaux qui Parlent le même Patois courtois;
- des vrais "Parce que" à nos "Pourquoi";
- et des "Peut-être" Possibles...


Toutes vos Propositions, vos Pensées, vos Phrases, vos mots de P... sont les Pienvenus, euh, les bienvenus...

Lettre P par Epaf

mardi 16 février 2010

& Le magicien du dimanche

Il aurait pu naître chef d'orchestre, porter une queue-de-pie et se retrouver au sommet de la gloire en guidant, d'un seul coup de baguette, mille et un musiciens. On l'applaudirait, on l'acclamerait et son nom serait écrit partout en grosses lettres.

Il aurait pu naître Président-Directeur-Général d'une grande banque et voyager dans un jet privé pour aller boire un jéroboam de Champ' à Honolulu avec de vrais faux-amis. Il aurait des gardes du corps, plusieurs maisons, plein de portefeuilles en cuir et plein de portefeuilles d'investissements.

Il aurait pu naître célèbre présentateur d'émission de variété et avoir ses entrées dans tous les coins bizarres de Paris et d'ailleurs. Il aurait sa photo dans les magazines people et dormirait exclusivement dans des hôtels trente étoiles.

Il aurait pu naître empereur d'une multinationale informatique et gagner des milliards d'euros à chaque seconde. Il serait l'homme le plus riche du monde, pourrait satisfaire tous ses caprices même les plus dispendieux et porterait des cravates jetables en soie.

Mais voilà, il n'est pas tout ça! Il est mon magicien du dimanche!

Dans le plus lointain de mes souvenirs, chaque semaine, il met des couleurs à nos dimanches...
Il tient nos petites mains d'enfants dans les siennes pour nous aider à marcher sur les "hauts" murs,
nous courons vers lui pour qu'il nous fasse tourner dans le ciel,
il nous aide à escalader des "montagnes" de lutins,
nous faisons avec lui d'interminables parties de "petits chevaux", de "mille bornes," de "huit fou" et de "rami",
il nous aide à construire nos châteaux de sable en Espagne,
il nous fait découvrir la musique et les musiciens d'ici, d'ailleurs, de maintenant et d'avant,
il nous émerveille lorsqu'il endosse son beau costume gris (on dirait James West!),
il nous emmène au bout du monde, au bord du ruisseau, au bord de la mer, dans les collines,
il nous emporte au pays de Tom Sawyer quand il joue des airs de blues sur son harmonica,


...et surtout il nous fait rire quand il se déguise,
quand il dit des bêtises,
quand il fait des taches sur sa chemise,
quand il nous raconte des histoires d'église,
quand il parle de gourmandise...

Mon magicien du dimanche habite aujourd'hui dans une jolie ville de France, tout loin de moi, hélas!
Il partage sa vie avec ma fée du samedi depuis cinquante ans.

Quand je lui parle au téléphone,
quand je parle de lui,
quand je pense à lui,
il n'est pas du tout, mais alors pas du tout
ce monsieur de soixante-douze ans que je vois, là,
en photo sur mon bureau...

Non, non, il est et restera pour toujours mon magicien du dimanche...

Harmonica (Photo La leçon du jour)
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