vendredi 22 août 2014

& Le vieux monsieur et l'église


Zaghouan.
Petite ville de Tunisie.
Marché authentique hebdomadaire très peu fréquenté par les touristes.


De chauds sourires partagés par dessus les étals ou sous les bougainvillées.
Des regards ensoleillés échangés au coin des rues ou sous l'arc de triomphe.
Des silhouettes enveloppées de foulards et de djellabas colorées ornées de paillettes
et des pieds chaussés de babouches brodées.
Des odeurs de fruits mûrs, d'épices, de miel,
de jasmin, d'huile d'olive...



Regardez...
Touchez...
Écoutez...
Sentez...
Savourez...

 
Temps libre.
Partir à la découverte de cette petite ville.
Arpenter les ruelles animées sous le chaud soleil d'Afrique.
Admirer les ferronneries, les portes cloutées, les moucharabiés finement ciselés, les céramiques.
Gravir les escaliers blancs pour atteindre le sommet de la colline.
Et tout en haut des escaliers, la mosquée.

Et là, tandis que je photographie la mosquée puis la bâtisse qui lui fait face,  un charmant vieux monsieur sort tout à coup de sa très vieille 4L, ornée d'un autocollant bleu-blanc-rouge, estampillé d'un F majuscule.  Il nous salue et engage la conversation.

"C'était une église, avant!" 
Le vieil homme sort alors son portefeuille de la poche arrière de son pantalon, en tire une vieille photo sépia et nous explique qu'autrefois, quand il était jeune, il y avait la messe le dimanche, là, en face de chez lui. L'église, aujourd'hui désaffectée, a été transformée en espace d'activités.

A la beauté du lieu s'ajoute l'harmonie spirituelle: face à face, sur la même place, deux édifices pour deux fois et cet homme musulman qui garde comme un trésor la photographie jaunie d'une église oubliée...


Si vous observez avec attention cette image, vous verrez, au pied de la mosquée, la 4L et le vieux monsieur avec ses paniers de victuailles achetées aux marché...



23 commentaires:

  1. Très belle balade sensorielle ! Et que ce soleil fait du bien ! ;o)
    Le voyage est une rencontre avec les hommes et leurs souvenirs (qui au loin les suivent ...)

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    1. C'est tout à fait cela , Yanik! Dernièrement, on m'a dit " Peu importe le but, c'est le chemin qui compte!" En effet, nous étions bien loin de notre hôtel de destination mais nous avons fait de fort belles rencontres tout au long de notre périple tunisien.

      Bon dimanche, l'ami!

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  2. Merci pour l'anecdote, pour la rencontre partagée... et comment va ta fesse d'anniversaire ?

    Biz d'Anne

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    1. Cette rencontre très courte mais si prégnante fera partie de celle que je n'oublierai pas (pardon pour certaines autres).
      Merci pour ta sollicitude "fessière". Ce qui était violacé ressemble désormais à un "vieil" hématome très diffus, une de ces traces que l'on garde longtemps quand on a fait une mauvaise rencontre avec un coin de table ou de buffet... ;o)
      Bises endimanchées

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  3. C'est drôle, pendant que j'étais avec ma vieille dame, tu rencontrais ton charmant vieux monsieur nostalgique... Ça fait trois fois que je perds mon commentaire, je ne sais pas si j'aurai le courage de le refaire une quatrième fois...
    Je disais que le jeu des sept différences entre la photo d'avant et celle de maintenant est bien instructif: on y voit comment tout signe religieux a été gommé, y compris les fenêtres en ogive dont on distingue encore l'émouvante trace...
    Bien joli billet, Ep. Les vacances sont décidément propices aux belles rencontres.
    Bises célestes ♥

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    1. Si j'en crois Nicole, plus bas dans les comm, il était difficile de laisser ses mots sous ce billet. J'ignore la raison de ce dysfonctionnement mais j'en suis désolée.

      Il était donc dit qu'au moins un ancien, totalement inconnu, croiserait nos routes estivales et qu'il nous enrichirait par sa simple présence.
      J'ai joué comme toi au jeu des différences et j'ai suis arrivée à a même conclusion. Mais malgré le "gommage" des signes extérieurs de religion, ce vieil homme garde en son cœur et dans son portefeuille l'image d'une église consacrée.
      Bises d'Ep'

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  4. Tout ça me rappelle qu'à Mertola, il faut faire le tour de l'église pour repérer une porte discrète surmontée d'un arc qui démontre à l'évidence que l'édifice il y a quelque temps fut une mosquée...

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    1. La réhabilitation d'un édifice religieux abandonné par ses fidèles me semble plus "humainement correcte" que sa destruction. J'ai "visité" Mertola sur la toile: jolie cité !
      Bises d'Ep'

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  5. Depuis le temps... Elle a dû partir la 4L car je ne la vois pas ! Où tu tires ton vin Ep' ?

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    1. Agrandis la photo en cliquant dessus, Andy...
      La 4L est au fond à droite, après la voiture noire...

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    2. Andy, tu m'as fait douter mais heureusement, Célestine veille non pas au vin, mais au grain... Hihihi!
      Bises d'Ep'

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  6. Très joli billet sur tes souvenirs récents de vacances. Le marché coloré m'a fait pensé à la chanson de Bécaud et ses marchés de Provence. Les odeurs y étaient aussi mais il m'aurait manqué l'accent de Mistral et les marchandes de poissons ... pardon, je ne voulais pas te rappeler un cuisant souvenir mais je suis contente de savoir que ton "auguste popotin" va beaucoup mieux.
    Belle journée chère Epamine et savoure au maximum les derniers jours de congé qui je l'espère sont ensoleillés.
    BIZZZ de DOUCY.

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    1. Coquine! Tu sais ce qu'elle te dit la marchande de poissons de Cannes avé l'assent provençal , Hihihi!

      Ensoleillées mais en pointillés ces dernières journées avant la rentrée... Mais peu me chaut qu'il ne fasse pas chaud: je vais devoir rester enfermée désormais...

      Bises d'Ep'

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  7. Je refais un com .Hier , je l'ai perdu de chez perdu!
    Que ce village est beau etcomme cette rencontre avec ce vieux monsieur est charmante , pleine de poésie et cette vieille photos -souvenirs est trés touchante et résonne comme un hymne à la paix .
    Bon week-end Ep'
    Bises bourbonnaises

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    1. Comme pour Célestine, je suis désolée que la communication sur ce billet vous ait causé des soucis.

      Charmante est le mot et si nous n'avions pas eu d'impératif horaire (les vicissitudes d'une excursion en groupe!), j'aurais bien aimé discuté plus longuement avec ce vieux monsieur qui, comme tu le dis si justement, symbolisait la paix entre les hommes.
      Bises d'Ep'

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  8. Ah c'est beau comme là-bas.... suis jamais allée en Afrique du Nord, merci m'dame !! Bises Ep'

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    1. ... et je confirme: le couscous était bon comme il doit être là-bas! ;o)

      Bises d'Ep'

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  9. Délicieux instants et rencontres comme une "second life" assaisonnant la vraie. S'installer et vivre ailleurs ?
    Pour un, qui peut-être a ramené sa 4L d'une vie de labeur chez le colonisateur, combien y restent, auprès des enfants sans doute mais avec une emprunte de tristesse...
    Un beau billet qui invite...

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    1. Par ton mot "colonisateur", tu résumes douloureusement, hélas, le sentiment de culpabilité que j'ai ressenti parfois lors de ce séjour enchanteur.
      Je vomis le mot "protectorat français" qui est à l'opposé de bienveillance et de sollicitude. Mais à d'autres temps, d'autres valeurs, tu le sais très bien...

      Ces instants étaient délicieux et je regette de ne pas connaître le nom de cet homme

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  10. Tu est touriste simplement et gentiment, pas colonisatrice...
    Je n'ai pas souvenir d'avoir eu des copains de classe originaires par leurs familles des anciennes colonies françaises, question de quartier... ils n'auraient sans doute pas été "à la fête" mais sous le feu des brimades. C'est enseignant débutant, fin 70 début 80, que j'ai vraiment rencontré des familles, parents, enfants et maintenant petits enfants. Ils ont construit au pays, mais comment les y reçoit-on, juste pour de grandes vacances... ? Je n'en connais pas qui soient partis se réinstaller, ou alors peut-être en rêve. Et puis les descendants sont là qui aident ou qu'il faut aider. Eux sont bel et bien des petits français riches de tant de connaissances, de langues, de senteurs... j'ai mal quand j'entends parler de certains ; à la schizophrénie culturelle ne les pousse-t-on pas ? Je suis triste quand je vois ces grands-pères droits et fiers, aux mains d'ouvriers bâtisseurs de France, errant à la retraite, à qui on conteste le droit d'un lieu de culte. J'aime à revoir "Patapic", ses parents, ses frères, sœurs, neveux, nièces... ( http://f6mig.canalblog.com/archives/2014/02/15/29216036.html )
    Bises, bons préparatifs et bonne fin de vacances

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    1. Ton évocation des locataires de la Sonacotra me bouleverse et l'histoire de Patapic (le garçon qui tombe à pic ou pas forcément!) est des plus réalistes parce que vraie, sans doute...
      Merci pour ton long commentaire réconfortant...
      Et c'est parti pour la rentrée... reste seulement lundi ...
      Bises d'Ep'

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  11. comme quoi les paysages changent mais les souvenirs restent

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    1. Surtout quand l'histoire des hommes est si visible.

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