vendredi 27 mars 2015

& La dame au mur


Il est de ces instants qui, lorsqu'on les vit, ont le pouvoir d'arrêter le temps et de nous emporter vers un ailleurs, bien au-delà de toutes les dimensions...

Par contre, lorsqu'il s'agit de les raconter, on se sent tout petit, malhabile, limité par les mots, gêné par les contraintes syntaxiques, pauvre d'expressions... 

Tant pis, je tente...

Une petite bourgade du Nord-Est de la France...
Une grande bâtisse centenaire remise en état pour y refaire du cinéma... comme autrefois !
Quelques hurluberlus humanistes et utopistes, pétris d'enthousiasme, qui  projettent chaque semaine un film récent  (voire deux quand tout va bien!).

Un dimanche après-midi, mi-mars...
Encore aujourd'hui, nous avons fait des heureux... Youpi !
Tout le monde est parti...
Je sors de la salle. 

Sur le trottoir, arrive une petite dame aux cheveux tout blancs, en chaussons fourrés. Sous son manteau mal fermé, on aperçoit son tablier bleu, sans doute, le tablier du dimanche.
Elle longe le mur de la salle, sans canne mais avec prudence. Elle tourne au coin de la rue et vient se camper devant les affiches qu'elle regarde, fixement, sans bouger.
Afin qu'elle ne soit pas déçue d'avoir manqué la séance de 14h30, je m'approche d'elle et l'informe qu'une autre séance sera proposée plus tard, dans la soirée...
Avec un grand sourire qui rendent encore plus bleus ses yeux, elle me répond:
"Vous êtes bien aimable, Madame et je vous remercie! Je ne veux pas aller au cinéma aujourd'hui. Je suis juste venue voir le mur parce que toutes ces images de films, c'est tellement joli ! "

Je n'ai rien dit. J'ai souri. Mes yeux se sont embués.

Promis, juré, c'est encore une histoire vraie...

Les images présentées ne sont pas celles de "ma" salle...

samedi 14 mars 2015

Un don de soie

Coucou le monde!
Coucou les gens !
Coucou toi, l'ami(e) qui passe par là !

Entre le 14 janvier, date de mon dernier petit billet, et aujourd'hui, 14 mars, si on compte, ça fait juste deux mois... Pour une pause, c'est une bonne pause, non ?

Entre :
- la vie quotidienne, ses aléas, ses joies, ses B.A. et ses tracas,
- la grippe (Oh, celle-là, si je l’attrape! Suis-je bête, c'est elle qui m'a attrapée!),
- des "petits" soucis divers d'hiver,
- des réunions en veux-tu (non!), en voilà (j'ai dit NON!)
- l'entrée motivante et motivée dans une association cinématographique...
je n'ai guère le temps de tapoter et de papoter ! Et comme je n'ai pas internet sur mon "Smarties" afin de ne pas devenir dépendante (je me connais!)...

Cependant, malgré le temps qui file encore très vite aujourd'hui samedi, j'ai envie de vous raconter une très belle histoire... Une histoire qui vaut la peine de marquer une pause, une histoire qui pose un sourire sur nos visages, une histoire qui nous fait voir la vie plus rose.

Un hall de gare.
Des gens pressés, affairés, stressés.
Une jeune femme aux cheveux bleus.
Des yeux gris-bleu, un sourire délicieux.

Après avoir longtemps hésité, une dame s'avance vers la fée bleue et lui propose de répondre à un questionnaire de satisfaction tout en lui faisant de jolis compliments sur ses cheveux bleutés. 
Surprise mais charmée par ces commentaires positifs qui changent des remarques désobligeantes coutumières qu'elle entend, la jeune femme rosit et sourit:
"Puisque vous me faites de si gentils compliments, Madame, permettez-moi de vous dire à mon tour que je trouve votre écharpe très belle!"
En un instant, la dame dénoua son écharpe et la tendit à la fée bleue.



Aussitôt, celle-ci dénoua la sienne pour la tendre à la dame si généreuse... qui n'en voulut pas, estimant que son geste n'appelait pas de réponse.
Le temps filait, le train de la fée bleue allait partir... Elle dut quitter la dame, désormais sans foulard, sans même avoir eu le temps d'échanger d'autres mots avec elle.

Elle ne saura jamais comment s’appelait cette si aimable voisine de terre mais à tout jamais elle songera à ce simple et spontané geste d'humanité.


 

mercredi 14 janvier 2015

& Mais où ai-je appris ça?

Chaque jour, j'apprends : dans une conversation avec mes proches, dans un échange avec mes élèves, en préparant ma classe, au cours d'un débat, à la lecture d'un message, lors d'une rencontre, en admirant une peinture, en parcourant un dépliant, en regardant un film, en lisant un livre, en entendant un proverbe, en admirant une affiche, en découvrant un graffiti, en suivant une émission (pas toutes car moult désapprennent!), en assistant à une conférence...
Les moyens de "se coucher moins bête" sont innombrables et c'est tant mieux... (pourvou qué ça doure!!)

Comme je suis une mamie Mayenne (cf mon profil!), au terme de mes 53 an-tomes de vie, je me suis mis en tête de faire un sommaire de mes "mais où ai-je appris ça?"...

A un ou deux chapitres près, voilà ce que ça donne:
  1. MA FAMILLE
  2. L’ÉCOLE - LE COLLÈGE - LE LYCÉE - L’ÉCOLE NORMALE - RE-L'ECOLE 
  3. MES MANUELS SCOLAIRES
  4. LISETTE - 15 ANS
  5. LES LIVRES & LES LIVRES-DISQUES
  6. LES DICTIONNAIRES (alphabétique, analogique, étymologique, synonymes, citations, latin...)
  7. LES ENCYCLOPÉDIES (de celle des tout-petits à l'ENCYCLOPÆDIA UNIVERSALIS)
  8. LA TÉLÉVISION - LA RADIO
  9. TÉLÉ 7 JOURS
  10. LE LATIN
  11. LA PHILATÉLIE
  12. LA GÉNÉALOGIE
  13. LES ARCHIVES DÉPARTEMENTALES & MUNICIPALES
  14. LES CARTES POSTALES ANCIENNES & ACTUELLES
  15. LES MUSÉES & LES MURS DES VILLAGES & DES VILLES
  16. MES BALADES A PIED, (TRES PEU A CHEVAL!), EN VOITURE, EN TRAIN, EN AVION...
  17. M. EP', MA FILLE & MON PETIT-FILS
  18. MES ÉLÈVES
  19. INTERNET
  20. VOUS
Merci à ma Maman, à mon Papa, à ma Mamie, à mon Pépère, à Sœurette, à mes oncles, à mes tantes, à mes cousins, à "mes miens", à mes maîtresses & à mes professeurs, à mes amis, aux auteurs & aux éditeurs, à l'O.R.T.F. pour la qualité de ses émissions, aux speakerines pour leur excellente diction, à Alain Decaux & André Castelot (qui m'ont toujours fait penser à d'Alembert & Diderot) pour leur érudition, à Armand Jammot, à Roger Pierre & Jean-Marc Thibault pour leur humour, à Maître Cappello, à Max Favalelli, au Francophonissime, à Léon Zitrone, à Roger Couderc, à Jacques Chancel, à Roger Carel, à Maritie & Gilbert Carpentier, aux graveurs de timbres, à Yvert & Tellier, aux secrétaires de mairies, aux archivistes et conservateurs de musées, aux poseurs de premières pierres et de pierres gravées, aux inconnus avec lesquels j'ai un instant devisé, aux inventeurs des technologies modernes de communication, à Gougle (n'en déplaise à ses détracteurs!), à tous mes loulous depuis 1979 et à chacun d'entre vous...

Merci.

Et, m'inspirant de la magnifique citation de Jules Renard : "Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux!", je dirai : "Quand je pense à tout ce qu'il me reste à apprendre, j'ai la certitude de ne jamais m'ennuyer!"

Et quand je pense à tout ce qu'il me reste à apprendre... à mes élèves et Cie, j'ai vraiment la certitude de ne jamais m'ennuyer...

    samedi 10 janvier 2015

    & Il y a...

    ... trente ans, une adorable petite poupée ouvrait ses beaux yeux gris-bleu sur le disque-monde.
    Bien que nous ne sous soyons jamais vues auparavant, nous nous connaissions déjà fort bien et dès notre premier regard, nous nous sommes reconnues.

    Sa petite menotte dans la mienne, nous avons parfois marché sur des chemins difficiles, aux bas-côtés non stabilisés et à la chaussée pas toujours déneigée...

    Pourtant, malgré les profonds nids de poule, les con-gères et les douloureuses ornières de la vie qui nous ont, un instant, déséquilibrées, nous sommes restées debout.
    Debout dans nos chouettes bottes en caoutchouc, nous avons ri en sautant dans les flaques et nous avons papoté avec les escargots.
    Debout dans nos jolis souliers rouges, nous avons couru derrière les coccinelles et nous avons fait des bouquets de pâquerettes.
    Debout dans nos sandalettes, nous avons mangé des tomates cerises et respiré le chèvrefeuille.
     Debout dans nos bottes de neige, nous avons laissé nos empreintes et construit des igloos.

    Le temps a passé, la vie a "rustiné" nos chemins et les coccinelles qui traversent la route, les escargots qui étonnent les lutins, les tomates cerises en haut des collines et les igloos de riz sur le bord de l'assiette dessinent encore aujourd'hui un sourire enfantin sur le beau visage de ma fille.

    Et depuis cinq ans, dans sa main, une petite menotte se glisse pour marcher sur le chemin.

    Pour elle, des tongs à déguster sans modération!


    mercredi 7 janvier 2015

    Triste mercredi

    Avant, le mercredi, c'était un jour que j'aimais beaucoup... mais ça, c'était avant!

    Non, ce n'est pas parce que depuis la rentrée de septembre 2014, je dois me lever pour aller à l'école...
    Non, ce n'est pas parce que je ne peux plus flâner en pyjama dans ma maison si j'en ai envie.
    Non, ce n'est pas parce que mon petit-fils doit affronter le froid au lieu de boire un chocolat chaud avec sa maman.

    J'aime moins le mercredi parce qu'aujourd'hui, mercredi 7 janvier 2015, on a sauvagement assassiné des hommes sur leur lieu de travail.
    J'aime moins le mercredi parce qu'aujourd'hui, mercredi 7 janvier 2015, on a abattu comme du gibier des hommes courageux qui d'un trait de plume ou de crayon exprimaient librement leurs pensées sans les polir ni les policer.
    J'aime moins le mercredi parce qu'aujourd'hui, mercredi 7 janvier 2015, mon petit-fils vit dans un monde où des hommes pleutres, incapables de se montrer à visage découvert (peut-être pour passer pour quelqu'un d'autre!), terrorisent notre France.
    J'aime moins le mercredi parce que Dorothée est très triste et que son nez coule !

    Dessin de CABU tristement adapté par Epamine


    dimanche 4 janvier 2015

    Findan-débudan

    Les vacances de Noël, c'était ses pas dans la neige qui allaient vers la colline et qui rapportaient le roi de la forêt pour embellir la grande maison des vacances et pour que nos yeux d'enfants brillent. Je suis certaine que mon cher grand-père demandait la permission à la forêt avant de couper, pour nous, le plus beau des sapins...

    Les vacances de Noël, c'était les belles assiettes et les verres à pied qu'elle sortait de la grande armoire lorraine et qu'elle nous demandait de déposer sur la jolie nappe bien repassée avant de retourner dans la grande cuisine.

    Les vacances de Noël, c'était les étoiles et les flocons que nous découpions dans du papier argenté et doré avant de les coller sur les fenêtres embuées de la grande cuisine.

    Les vacances de Noël, c'était plusieurs générations réunies pour quelques jours, c'était des balades dans la neige, des chocolats chauds, des paquets cadeaux, des rires, des voix, des parties de cartes, de petits chevaux, de jeux de dames, de nain jaune...

    Les vacances de Noël, à la colline aux sapins près, c'est encore tout ça !

    Les fêtes de fin d'année, aujourd'hui, c'est aussi des loupiotes, beaucoup de loupiotes, des milliards de loupiotes, des avenues ampoulées, des façades enguirlandées, des arbres "enlédés" (non pas "enlaidis", "enlédés", néologisme épaminien signifiant recouverts de leds, de diodes électroluminescentes, pour faire simple!)... et des réverbères enluminés.

    Le jour, elles sont plutôt moches, toutes ces pendouilles métalliques mais la nuit, elles embellissent la cité et créent l'ambiance de Noël. Enfin, c'est ce qu'on nous dit !

    Personnellement, je vois une autre motivation à ces accrochages qui, vous l'aurez remarqué, sont installés bien bien longtemps avant la période des fêtes. Je crois que ces ornements lumineux servent de repères de Noël pour les fêtards enivrés qui ne savent plus où ils habitent, pour les invités qui ne savent pas lire un plan et pour les Saint-Sylvestriens qui n'ont pas ou plus de GPS...

    Facile de retrouver sa maison si on habite sous le quatrième flocon bleu de la rue de la Montagne, entre le skieur rouge et le lugeur vert de la rue des Cimes ou dans la maison sise juste avant le joli sapin vert de l'allée de la Forêt.

    Mais parfois, y'a des ampoules qui grillent ! Crotte de bique (enfin de renne!) si, pour quelques semaines, vous habitez sous une paire de boules plus ou moins scintillantes, sous une bougie sans flamme, sous un lutin sans tête, sous une étoile à une branche, sous une tête de veau (un renne dont les cornes sont éteintes!) ou sous la bannière "Joueuses fees".

    Où que tu habites, ami lecteur, en ce quatrième jour de l'an de grâce (à vérifier!) deux mil quinze, je te souhaite une douce et belle année, pleine de petites lumières sur ton chemin quotidien, de sourires sincères échangés (je ne parle pas de smileys mais de vrais sourires avec des vraies dents!), de gestes d'humanité, de petits bonheurs à saisir comme chacun des points des six tapisseries de "La Dame à la Licorne", de belles réussites, de chaleureuses rencontres et une santé en acier trempé...

    A l’an que ven, que se nous sian pas maï, que nous siguem (fuguem) pas mens! *

    A tout bientôt.
    Grosses bises d'Ep'

    * A l'an qui vient, que si nous ne sommes pas plus, nous ne soyons pas moins!



    dimanche 14 décembre 2014

    & Carthage: j'aime!

    Mais non, pas Carthagène... Carthage: j'aime!

    La reine Didon dîna, dit-on, du dos d'un dodu dindon... se tira de Tyr et fonda une cité sur les rivages tunisiens pour s'y installer avec les Phéniciens qui l'accompagnaient! 

    Maline, la gamine ! Les autochtones lui octroyèrent un territoire qui devait tenir, stricto sensu, "dans la peau d"un bœuf".
    Pour obtenir le plus vaste territoire possible tout en respectant la contrainte, elle coupa la peau d'un bœuf en fines lanières qu'elle mit bout à bout et elle put ainsi ériger une ville d'une belle superficie: Carthage!

     









    Et là, je me souviens de mon programme d'histoire de sixième :
    UN PEUPLE DE LA MER : LES PHÉNICIENS
    Agriculteurs et planteurs de cédraies (ben oui, les cèdres du Liban, c'est eux!), commerçants, artisans, un peu pirates, ils sont les ennemis jurés des Romains.
    Des images me reviennent en tête : Hamilcar, son fils Hannibal Barca et ses éléphants, les guerres puniques, Scipion l'Africain (dommage qu'il ne fût point contemporain de Descartes car avec des cartes et six pions, on peut passer de bons moments!), le pourpre phénicien (à ne pas confondre avec le blond vénitien!!!)... 




    Et cet été, j'ai eu le grand bonheur de fouler le sol de Carthage...
    Les pages de mon vieux BORDAS (Printed in France 1970) se sont réouvertes et animées sous mes yeux :
    - la civilisation phénicienne et ses beaux voiliers;
     
     Photos prises pendant le splendide spectacle son et lumière à Medinat Alzarha Parc

    - la construction de la belle cité carthaginoise sur les bords de la Méditerranée;
    - la possession de la Corse, de la Sardaigne et de la Sicile. (J'aimerais tant voir Syracuse!)
    - les offrandes au dieu Baal et à la déesse Astarté;
    - les soldats puniques sur le pied de guerre;
    - l'alphabet phénicien;
    - les douloureuses défaites des Carthaginois;
    - Caton, le Romain rabat-joie et vindicatif et son célèbre "et ceterum censeo cartaginem esse delendam";
    - ce qui finit par arriver en 146 av. J.-C. avec la destruction totale de Carthage par les Romains, "Carthago delenda est".
    - la reconstruction d'une cité romaine sur les ruines de Carthage;

    Outre la relecture de cette page d'histoire antique, marcher dans les ruines de Carthage m'a rapprochée de Salammbô et des derniers instants de Louis IX, roi de France fort pieux (trop sans aucun doute!) mort devant Carthage en 1270 au terme de la huitième et dernière croisade.


     Ancienne Chapelle Saint-Louis et actuelle Cathédrale Saint-Louis

    Je ne connais pas Carthagène mais Carthage, j'aime!


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