mercredi 22 octobre 2014

& Sept à dire... et il y a à dire

Zut! J'ai manqué la date...  J'aurais dû écrire ce billet en septembre, septième mois de l'ancien calendrier romain... Mais comme vous l'avez lu précédemment, septembre fut plein d'aléas...

Commençons par une énigme:
Dimanche, premier jour de la semaine, jour du Soleil.
Lundi, jour de la Lune.
Mardi, jour de Mars
Mercredi, jour de Mercure.
Jeudi, jour de Jupiter.
Vendredi, jour de Vénus.
SAMEDI: septième jour de la semaine.
Samedi, jour du sabbat, du repos, du recueillement en souvenir de la création divine...
Enfin, ça, c'était avant... c'est vieux comme Mathusalem ou Hérode!
Alors, pourquoi c'est y donc le dimanche qu'on ne travaille pas ?
Sans doute une subtile idée des grands pontes(ifes!) chrétiens pour contourner les textes bibliques à leur convenance, pour reprendre à leur compte le calendrier païen et afficher complet aux offices et pour marquer leur rupture avec le judaïsme... Il n'y a donc pas que le changement des rythmes scolaires qui a été imposé au commun des mortels... Aaaaahhh!

Bon, ça, c'est dit!

Poursuivons sur un ton plus léger: serais-tu capable, l'ami(e), là, tout de suite, de citer les sept arts libéraux... Non ? Rhôôô!
Ben moi non plus, je ne sais plus...

Et pourtant, ils furent le douloureux pensum de générations d'étudiants durant des siècles.

A l'époque des SMS, ayons une pensée émue pour tous ceux qui vécurent à l'ère de la GDR (grammaire, dialectique et rhétorique) et de l'AMGA (arithmétique, musique, géométrie, astronomie).

Astronomie... Restez le nez en l'air et regardez les 7 planètes du système solaire, les 7 anneaux de Saturne, les 7 étoiles de la Grande Ourse, les 7 étoiles de la Petite Ourse et les 7 couleurs de l'arc-en-ciel.
Pour le Petit Prince, la septième planète, c'est la Terre...

Et des trucs en pack de 7, j'en ai d'autres en magasin:
- les 7 merveilles du monde (allez, hop, encore un petit test : la réponse est ici);
- les 7 cordes de la lyre du dieu Apollon : je ne suis pas certaine que la gente féminine qui le croisait tombait en pâmoison à cause de ses cordes...
- les 7 branches d'une menorah;
- les 7 têtes de l'Hydre de Lerne (le monstre du Loch Ness n'en aurait qu'une mais il attire plus de monde...);
- les 7 vertus (un "bon" chrétien n'a pas les mêmes qu'un "bon" samouraï... mais quelles sont celles d'un "bon" humain?)
- les 7 péchés capitaux. Pas la peine de les énumérer, vous les connaissez ;o) mais je vous les montre:
 La maison des sept pêchés capitaux à Pont-à-Mousson

- les 7 cieux (ben oui, vous ne connaissez pas le septième ciel... ☺);
- les 7 archanges (Attention! Gabriel, Ouriel, Remiel, Michel, Raphaël, Sariel et Ragouël sont des archanges, "Ariel", c'est juste une lessive!);
- les 7 chakras (Youpi! mon chakra coronal (le violet), le "sasraskesasra"* est activé, tout va bien!);
- les 7 premiers félibres (ne pas confondre avec des fébriles ni défibrillateur!);
- les 7 potes de petite taille de Blanche-Neige;
- les bottes de grande taille dites de 7 lieues + les 7 garçons de la fratrie abandonnée + les 7 ans du Petit Poucet + les 7 filles de l'ogre = 28 kilomètres
- les 7 collines de Rome;
- les 7 collines de Paris (voui, nous aussi, nous avons nos 7 collines : Chaillot, Champ l'Evêque (=Père-Lachaise), Montsouris, Montmartre, la Butte aux Cailles, Ménilmontant et Montparnasse);
- les 7 familles de frises
- les 7 femmes de Barbe-Bleue;
- les 7 fées-marraines  de la Belle au bois dormant;
- les 7 mouches tuées en une seule fois par le "Vaillant Petit Tailleur";
- la somme de deux faces opposées d'un dé (vous pouvez vérifier);
- la décoration naturelle d'une Coccinella septempunctata (plus commune que la Psyllobora vigintiduopunctata);
- le 7 de carreau, le Nain Jaune en somme; 
- Lana Korète**, ascète et Georges à Sète
- et les meilleurs pour la fin : Pierre, Jeannette, Jacques, Babette, Georges, Pam, Colin... l'irremplaçable "Clan des 7";

Sept à vous...

* = "ça sera ce que ça sera" mais le vrai nom du chakra de la couronne est le SAHASRARA, lotus aux mille pétales
**Lana Korète n'existe pas... c'est l'anachorète 

mardi 21 octobre 2014

& L'art de rire

Au regard des semaines folles qui se sont écoulées depuis la rentrée du 3 septembre, je me félicite chaque jour de l'immense propension que j'ai à rire de tout et de rien car sans mon goût immodéré pour l'autodérision, l'humour simple et bon enfant et sans mon esprit bourvilien, soit il y aurait du sang sur les murs de mon école, soit je serais morte... voire les deux!

J'ai l'immense chance d'avoir cette année une classe d'élèves motivés et motivants, enthousiastes et enthousiasmants mais en dehors de la classe, Madre de Dios!
¿Que pasa?
Le changement des rythmes scolaires ? 
L'annihilation de nos cerveaux par les inepties qui passent en boucle sur tous nos écrans (le paquet de chaînes à éviter devient impressionnant!) ? 
Les manipulations journalistiques utilisées pour (dés)informer les pauvres gueux que nous sommes ?
Trop de sel, trop de sucre, trop de gras ?
Pas assez de légumes et de fruits moches par jour?

Quelle est la sombre et dangereuse origine des comportements humains surprenants qui sont mon lot quotidien depuis la rentrée ? 

Au cours des sept semaines qui viennent de s'écouler, pas un jour ne s'est déroulé sereinement, pas un seul!
Entre
les accidents,
les dossiers de plus en plus lourds d'élèves à besoins particuliers,
les appels téléphoniques intempestifs de parents durant la classe,
les "je ne mettrai pas mes enfants mercredi à l'école",
les confusions de plannings des uns,
les problèmes de bus en retard pour les autres,
les erreurs d'inscription à la cantine ou au périscolaire,
les salles de sports fermées,
la photocopieuse en panne,
les WC qui fuient,
les gamins en retard (c'est bibi qui caracole dans les deux étages pour ouvrir aux galopins dont les parents "n'ont pas réussi à habiller la petite sœur" (sic!)),
les longues et injustes diatribes parentales à lire dans le carnet de liaison auxquelles il faut répondre immédiatement avec courtoisie,
les cartables perdus,
les gamins oubliés,
les élèves au comportement et au vocabulaire "inattendus" soutenus par les parents,
les élections de parents d'élèves sans parents d'élèves,
les commentaires désobligeants sur tout et sur rien,
les trois planches à installer devant le portail les jours de grosse pluie pour faire un passage à gué,
les mouches invasives,
les sites administratifs piratés donc inaccessibles mais indispensables,
les personnes ressources absentes,
les incompétences flagrantes,
... (liste non exhaustive!!!!)

je dois faire fasse et faire classe !
Si, si.
Par semaine, j'ai une seule journée sans classe mais ce jour-là, il faudrait que je m'installe une petite caméra sur l'épaule juste pour raconter mon emploi du temps en images.

Mais yé m'en fous!

Quand je perçois dans mon périmètre vital
le lancement imminent d'un gaz abrutissant,
l'approche d'un évènement démoralisant, 
l'arrivée inopportune d'une escadrille de malotrus mal embouchés,
l'atterrissage impromptu sur mon bureau d'un message chronophage,
l'envol de propos diffamatoires sédentaires ou migrateurs,
je dégoupille immédiatement une grenade hilarante et le trait d'humour lancé dédramatise très vite la situation.

C'est donc le sourire aux lèvres que je fais fi des coups bas, des escaliers montés et descendus plus de dix fois par jour, des remarques insultantes, des pauvres gamins mal élevés (ce n'est pas de leur faute!), des pannes d'ordi, des ordres et contre-ordres, des pavés dans la mare, des grains de sable dans les rouages... et comme je ne veux plus gaspiller d'énergie pour rendre intelligents les adultes abrutis (vous avez remarqué, je n'ai pas dit un seul gros mot dans tout mon billet et pourtant, ce n'est pas l'envie qui manque!), toute seule, dans mon bureau, contre vents et marées, un peu comme en haut d'un phare, je me marre!

Rire, c'est bon pour

Billet amicalement dédicacé 
à tous les directeurs et à toutes les directrices d'école


lundi 20 octobre 2014

& C'est Phora ou pas ?





Il était deux bergères*
Vêtues de belle manière
Qui gardaient les moutons
Comme dans la vieille chanson.
(et ri et ron, petit patapon!)

Jethro était leur père
Et dans le grand désert
Pour leur petit troupeau,
Elles cherchaient un point d'eau.

Près du puits salvateur,
Se tenaient des pasteurs
Qui, las, les repoussèrent
De vilaine manière.

Sous leurs mèches rebelles,
Les belles demoiselles,
Toutes ornées de cerises,
Étaient bien dans la mouise.

Ayant quitté le Nil,
Il arriva tout pile
Le grand sauvé des eaux,
Le sauveur des agneaux.

D'un bon coup de houlette
En pleine margoulette,
Il vainquit les affreux
Qui rentrèrent chez eux.

Il défendit les belles,
Libéra la margelle,
Puisa au fonds du puits,
Abreuva les brebis.

De retour vers leur père,
Elles contèrent leurs misères…
Et Jethro, tout ému,
Remercia l'inconnu.

Il n'était pas question
D'agir par omission:
A Moïse, il donna
La belle Séphora!


* Botticelli en a oubliées cinq car les filles de Jethro, paraît-il, étaient sept en tout et non deux! Une chose est sûre: Botticelli ne pouvait, à l'époque, toucher le moindre dividende sur la célèbre chaîne de parfumerie... D'où vient donc ce parti pris? ;o)


MIC du 19/05/2014
mot: omission
image: Les filles de Jethro par Botticelli
citation : Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. - Simone de Beauvoir

mercredi 24 septembre 2014

& Les trois mousquetaires...

... Vingt ans après (voire davantage!)!

En ce matin ensoleillé, les trois mousquetaires déambulent "tous les quatre" le long de la rue pentue. Chaque jour, ils se retrouvent là, heureux de vivre, le sourire aux lèvres, la tête pleine d'histoires de cape et d'épée à raconter à ceux qui voudront bien les écouter.
Le cheveu blanc ou clairsemé, l'allure un peu moins rapide qu'autrefois, ils ont toujours l’œil vif, le rire franc et l'humeur joyeuse.

Ils ont laissé leur rapière sur la patère, leur tabard dans le couloir, leurs outils sur l'établi, leur journal sur la table de la cuisine...
Dans leurs grandes et belles mains d'hommes d'âge mûr, point de fleuret ni d'estoc... Porthos tient un petit cartable rose orné d'un mignon chaton, Aramis, un cartable estampillé d'une chauve-souris noire sur fond jaune, Athos, un cartable mauve à roulettes et D'Artagnan, un petit sac à goûter orange...

Mais que sont donc devenus les courageux et sémillants gardes du roi, idéalement racontés par Alexandre Dumas?
Les quatre mousquetaires du bas de ma rue ne galopent pas en direction de Londres pour récupérer les ferrets de la reine mais ils marchent doucement sur le chemin de l'école. En braves grands-pères, ils accompagnent chacun, avec la même fierté, un petit roi ou une jolie princesse dans leur vie d'écolier.


Billet en hommage à tous les "Grand-père", les "Papi", les "Papy", les "Pépère", les "Papé", les "Pépé", les "Grand-papa", les "Bon-papa", les "Papou" d'aujourd'hui, d'avant et de demain... ♥

dimanche 21 septembre 2014

& Quand pleurent les pierres


J'aime me promener dans la douce lumière,
A l'heure où l'eau scintille sous le soleil couchant
Lorsque le merle noir, seul sur l'antique pierre, 
Chante au ciel du soir sa joie d'être vivant.

En ce jour de tristesse où elle s'est envolée,
Tout le parc Monceau résonne de sa voix claire
Et je la vois, là-bas, marchant dans les allées
Souriant à chacun et parlant des marcaires.

Aujourd'hui sous les roses, elle repose, elle est bien
Mais elle manque à nos vies pour tout ce qu'elle était.
On dit que l'homme est libre s'il ne possède rien :
Elle avait de grands rêves empreints de liberté.

à R.


Il y a juste un an, jour pour jour, lors des journées du patrimoine, nous nous sommes rencontrées une fois encore. Comme à chacun de nos rares moments partagés (nous n'étions pas intimes) toujours empreints de belle simplicité, d'humanité et de sincérité, nous avons ri, potiné, projeté, commenté... 
Ce jour-là, j'avais trouvé ses grands yeux clairs cernés et son teint moins lumineux que d'habitude...
Quelques semaines plus tard, j'ai appris sa maladie puis, trop rapidement, son décès.
Il y a juste un an, c'était la dernière fois que je la voyais.



MIC du 01/06/2014
mot: monceau
image:
Roses de Joye
citation :
Seul est vraiment libre l'homme qui ne possède rien  - Jules Verne



mardi 2 septembre 2014

& Sarrau, sacoche et galoches

Après mon vieil ami Rémi, c'est Poucet le blondinet qui m'accompagna sur le chemin du savoir-lire, Poucet & son ami l'écureuil...
Entouré de l'amour bienveillant d'un papa bûcheron et d'une maman au foyer (années 60 obligent!), ce petit garçon vivait au milieu de la forêt, dans une belle maison (tout le contraire de ma maison en bois Jeujura: celle de Poucet avait des volets verts et un toit rouge), grandissait à l'ombre des grands arbres, libre comme l'air mais sage comme les petites images de son livre. Il ne s'ennuyait jamais, rencontrait les animaux des bois, observait les plantes, construisait des cabanes, aidait son papa, mangeait les délicieuses tartes de sa maman et allait à l'école.


J'ai longtemps gardé ce livre de lecture puis je suis devenue maîtresse d'école
Comme tant d'autres collègues d'antan, sur le rouleau de la polycopieuse, j'ai installé les stencils paraffinés et encrés qui me faisaient les doigts bleus ou violets selon l'encre déposée sur la matrice, j'ai rempli le réservoir à alcool et j'ai tourné la manivelle un nombre incalculable de fois.
Puis, j'ai distribué à mes élèves ces feuilles couvertes d'informations bleutées ou mauves qui sentaient l’alcool de pomme de terre (selon mon nez!).
Et un jour, elle est arrivée au secrétariat de mairie ! Elle! La belle PHOTOCOPIEUSE !
Dès lors, soucieuse de créer mes propres outils pédagogiques pour faciliter les apprentissages de mes petits CP, j'ai fabriqué "mes" fiches de lecture et pour cela, ne sachant pas vraiment très bien dessiner... j'ai découpé les petites images de mon livre de Poucet! Voui, j'ai osé commettre ce sacrilège, cet autodafé monstrueux mais je ne vous raconte pas comme j'ai tremblé à chaque coup de ciseaux...
Claires, nettes, simples, expressives, ces jolies vignettes illustraient à merveille mes historiettes, mes listes de mots, mes phrases modèles et je les photocopiais.

Aujourd'hui, il est bien loin le temps de la manivelle et des feuilles polycopiées, bien loin le temps des petites images découpées dans le manuel de Poucet. Internet et nos ordinateurs nous offrent le monde entier et cerise sur le gâteau de la rentrée, on vient de m'installer un Tableau Blanc Interactif dans la classe...
Mais malgré ce vent permanent de modernité, en plus de ma tendresse particulière pour les petits écureuils vifs et espiègles, je tenais, en ce jour de rentrée, à rendre hommage à ce copain d'enfance grâce auquel je sais aujourd'hui ce qu'est un sarrau, une sacoche, des galoches, un phonographe, un geai, une bécasse, une roulotte, un bohémien, une souche, un vallon, un bouledogue, une butte, un chêne, un battoir, une cognée, un mitron...

Bonne rentrée à Poucet, au gros René, à Rémi & Colette, à Daniel & Valérie, à Léo et Léa... et à tous les autres!
Et que vivent les écureuils!

vendredi 29 août 2014

& Serviette de garde

Au quotidien, on connaît les chiens de garde, les pages de garde (si agréables à préparer à la plume avant la rentrée!), les tours de garde, les avant-gardes...
En vacances, au pays du soleil, du sourire, du sable fin, de l'eau et du ciel bleus et normalement de l'insouciance, on trouve des serviettes de garde, générées par des servi(et)tudes inconnues du Code Civil ...

En effet, si plusieurs articles du Code Civil règlementent en les différenciant les servitudes légales instituées pour l'utilité publique et celles instituées pour l'utilité des particuliers, autour des piscines et sur les plages des vacances, un nombre impressionnant de touristes usent et abusent de l'article 686 du Code Civil qui permet aux propriétaires d'établir sur leurs "propriétés" les servitudes conventionnelles qui leur conviennent.

Sous prétexte d'être "propriétaires" de leurs serviettes (et même que des fois, ce n'est pas le cas car les serviettes susdites sont louées au club!), moult résidents déposent leurs rectangles d'éponge, dès potron-minet, sur les transats qui leur conviennent, soit au bord de la piscine, soit sur la plage pour se les approprier puis s'en vont se recoucher. Ils passent ensuite la journée comme bon leur semble, ailleurs, puis s'en reviennent s'installer sous "leur" parasol, étendre "leur corps sublime" sur "leur" transat, tout contents et fiers de retrouver "leur" fief, pour faire trempette et bronzette à l'heure qu'ils préfèrent.

Toute la journée, l'espace qu'ils se réservent demeure ainsi prohibé, interdit, inaccessible, forbidden aux autres plaisanciers et pour les "honnêtes" gens, les travailleurs du bord de mer, les stakhanovistes du carré de sable, les tayloristes de la paillote, c'est souvent bernique (non, je ne parle point là de patelles!) lorsqu'ils cherchent un petit coin de repos!
Durant notre délicieuse escapade au pays du jasmin, pour chaque jour passé à l'hôtel, il nous a donc fallu anticiper, analyser, jouer les behavioristes pour avoir le privilège de poser nos popotins sur un transat, sous un parasol, sans déclencher le courroux, l'ire et les flots d'injures des adeptes de la serviette-attitude.

Vraiment, dans ce cas-là, l'éponge, ça gonfle !