jeudi 8 août 2013

& Miss Mirabelle



Désolée, Messieurs, je ne vous parlerai pas ici des mensurations de la délicieuse jeune fille de Lorraine qui aura l’honneur, au regard de sa beauté, de porter cette année le titre tant convoité de "Miss Mirabelle".


Je ne vous dévoilerai pas non plus sa photo.
D’ailleurs, je ne suis pas certaine que le concours ait déjà eu lieu…

Ma Miss Mirabelle à moi a tout de même l’art et la manière de se faire attendre, de se faire désirer.
Déjà, elle nous apparaît telle une jeune fille en fleur, toute de blanc vêtue et profite longuement du soleil printanier en dévalant le flanc des collines du Saintois ou en se prélassant dans les vergers, près des villages.

Puis, après le passage de quelque abeille ou d’un élégant papillon, elle change d’allure, s’arrondit et se cache parmi les feuilles en revêtant un bel habit vert tendre.

Et sous le chaud soleil de l’été, la belle demoiselle se métamorphose encore, s’enrobe de lumière dorée, se pare de perles de sucre,  se gorge de jus et tente le promeneur qui ne peut s’empêcher de lui tendre la main... pour la cueillir et la croquer…

Dites-moi le mot "mirabelle" et je vous raconterai:
- les réveils tonitruants que ma grand-mère organisait dès potron-minet,
- la chaleur écrasante du mois d'août compensée par la fraîcheur de certains vergers où nous ramassions des tonnes de fruits dorés, 
- la lourdeur des caisses à charger sur la charrette et des bâches (avant d'être en plastique, c'était des filets en tissu qui, quand ils pleuvait, pesaient très lourd!) qu'on étendait sous les arbres, 
- la hauteur des branches alourdies de fruits mais inaccessibles pour notre crochet, 
- l'odeur des punaises écrasées sous nos pieds, 
- le "pschitt" des bouteilles de limonade ou de panaché, gardées au frais dans le ruisseau, 
- le moelleux de la brioche déballée pour le quatre heures et accompagnée de carrés de chocolat,
- les imperméables en sacs poubelles pour ramasser même sous les terribles orages,
- les "philippines",
- les kilos de mirabelles avalées dans la journée et les conséquences en soirée.......
- la pesée des caisses, le soir au dépôt du village, et notre sourire à la lecture du chiffre griffonné sur le papier quadrillé,
- l'inégalable saveur des tartes et des confitures à la mirabelle que ma Mamie nous préparait...

Bref, dites-moi "mirabelle" et je serai encore plus heureuse qu'une miss !





lundi 5 août 2013

& Les boîtes (2)

Dans ma collection de boîtes d'enfance, il y a aussi les petites cases...

Comment ça, ça ne vous dit rien ?
Plusieurs personnes autour d'une table... Des cartes... Des cases...

Vous avez le choix:

1. Ce sont les adultes qui jouaient. Ils étaient 4 ou 5  autour le la grande table de la cuisine (oui, elle était vraiment grande!). 
Au centre de la table, un tapis vert sur lequel étaient posées des cartes. Les cartes étaient grandes, trop grandes pour nos petites mains mais comme elles étaient belles ! 
On s'installait à côté de l'un ou de l'autre des joueurs (moi, c'était souvent à côté de mon grand-père!) et on rangeait les pions dans les petites cases. 

Quelles cases ? 
Des petites boîtes, modèles réduits de notre boîte de LEGO, fabriquées par mon grand-père, dans lesquelles attendaient les jetons de 1, de 5 et de 10 pour payer ses dettes au tarot.
Pendant des heures, sans rien comprendre au jeu des grands, nous empilions, trions, rangions, comptions les jetons lisses et colorés dans ces petites boîtes bien carrées, en formica blanc, sans couvercle, que j'ai encore aujourd'hui... (photo à venir!)

Il me revient brusquement en mémoire que les premiers jetons que j'ai rangés dans ces boîtes étaient en bois peint et non en plastique lisse... No comment !


2. C'est toute la famille qui jouait...
Le nombre de joueurs variait selon la période de l'année. Au centre de la table, une boîte en bois. Dans cette boîte, cinq boîtes plus petites où habitent Lancelot, Pallas, Charles et deux autres. Cinq petites boîtes parfaitement encastrables... Autour de la table, les boîtes de jetons pour miser.
Évidemment, on jouait au nain jaune...   !
10 qui prend (carreau), Valet qui prend (trèfle), Dame qui prend (pique), Roi qui prend (cœur) et 7 qui prend (carreau), le fameux nain jaune...

Santons d'Alice Bertozzi


mercredi 31 juillet 2013

& Les boîtes (1)


Les fans de l'émission MOTUS (non, non, je n'en suis pas, j'avoue!) savent que les candidats, plusieurs fois durant la partie, doivent plonger leur main dans un bac rempli de boules et qu'ils ne doivent surtout pas tirer la boule noire sous peine de je ne sais plus quoi...

Les fans de l'émission FORT BOYARD (pas trop mon truc, non plus!) savent, eux aussi, que les candidats les moins chanceux ont à plonger leurs mimines dans des pots dans lesquels on trouve tout sauf ce qu'on cherche...

Moi, je suis fan, (plutôt, j'étais fan, quoique...) d'autres explorations...

A cette période de l'année, ma petite sœur et moi retrouvions, avec un indéfectible bonheur, le chemin des vacances dans un petit village lorrain toujours cher à nos coeurs...

Entre la fabrication des gâteaux de bouillasse dans le jardin, la construction périlleuse de nos toiles de tente dans le verger (il nous fallait, à cette époque, beaucoup plus que 3 secondes pour les bâtir, nos toiles de tentes!),  les interminables "tours" de vélo jusqu'au croisement, les parties de raquettes devant la maison et le ramassage des mirabelles à flanc de colline, il y avait... les boîtes !

La première était immense : 60 cm x 60 cm et 15 cm de hauteur. Fabriquée par mon grand-père avec des morceaux de vieux formica blanc, elle n'avait pas de couvercle. Elle contenait tout notre imaginaire, tous nos rêves, toutes nos histoires. Accessible dès notre arrivée, nous y retrouvions les couleurs, les formes, les vestiges des dernières vacances et, en un instant, c'était reparti !
Il nous fallait un petit 2, une grande barre de 8, une plaque de 10... Il fallait trouver le morceau transparent, la petite fenêtre qui s'ouvrait, le morceau avec les trous pour y fixer les roues... et nos mains farfouillaient dans les innombrables pièces de LEGO en faisant un bruit à nul autre pareil...


L'autre boîte, rectangulaire, beaucoup moins grande et munie d'un couvercle peint d'une nature morte aux pivoines vieux rose, était en métal doré. Légèrement cabossée en plusieurs endroits par la vie et par les déménagements, on peinait à l'ouvrir et à la refermer.
Elle était rangée dans un placard fermé par un rideau. On nous la confiait les jours de pluie, pour nous occuper tandis que Mamie cousait ou crochetait et oui, ça nous occupait...
Au bout de la longue table de la cuisine, on renversait délicatement son contenu sur un papier et on admirait, on imaginait, on rangeait, on classait, on triait, on réunissait et on demandait:
"Celui-là, Mamie, il vient d'où déjà?"
"Oh, regarde celui-ci comme il est brillant ! Il doit venir d'une robe de fiançailles ou de mariage !"
" Ouais ! J'ai retrouvé celui que je préfère: il est tout petit, tout rond et tout doux!"

Pleine à ras bord de boutons de toutes formes et de toutes couleurs, en nacre, en porcelaine, en métal, en bois, en fer blanc, en plastique, habillés de velours, de satin, de dentelle, de soie, cette boîte racontait des histoires dont je ne savais rien mais qui me semblaient pourtant familières.
Certains boutons étaient pour nous de véritables joyaux et nous redoutions leur disparition car, couturière de métier, Mamie puisait dans cette boîte pour embellir ses créations. Parfois, au contraire, elle en avait ajoutés dans le plus grand secret et attendait de voir sur nos frimousses le plaisir d'une nouvelle découverte.


Pour découvrir les autres boîtes, revenez plus tard...

dimanche 14 juillet 2013

& Rien ?... Mon oeil !

Entre le jour de la Pintade et le jour de l'Ail, les révolutionnaires, oups, pardon, les républicains avaient glissé le jour de la Sauge dans leur chaud mois de messidor. 
Donc aujourd'hui, 14 juillet, c'est le jour de la Sauge selon le calendrier républicain ! 
Mais pour le roi Louis XVI, en 1789, c'était un banal 14 juillet et tandis que d'aucuns prenaient la Bastille, lui ne prenait rien à la chasse et le notait dans son journal... "Rien!"

Sans internet, ni portable, ni smartphone, ni i-phone, ni messagerie, ni Facebook ni Tweeter, le citoyen Capet ne fut pas immédiatement mis au courant des évènements parisiens puisqu'il demeurait à Versailles. 
Il apprit un peu plus tard ce qu'il était advenu de la forteresse royale et au fil du temps, tous les évènements qui s'en suivirent lui firent perdre la tête... complètement, le jour de la Mousse du mois de Pluviôse!

Le 14 juillet 1790, on célèbra le premier anniversaire de la Prise de la Bastille et ce fut la fête... 
Dans toute la France, on se réconcilia, on dansa, on chanta... On était animé d'un même élan patriotique.
A Paris, au Champ-de-Mars, des milliers de Parisiens, même le roi, fêtèrent l'unité et les fédérations des gardes nationales. 

C'était tellement chouette, cette fête de la Fédération (ça devait ressembler au 12 juillet 1998 quand les Bleus ont gagné la coupe du monde...) que le 6 juillet 1880, une loi fut promulguée pour que le 14 juillet devint notre Fêt. Nat.

Pour les jeunes, le 14 juillet, c'est parfois la première fois qu'on sort avec les copains, le premier rendez-vous amoureux...; pour les vieux, ce sont les défilés militaires, les marches au pas cadencé, les uniformes...; pour les familles, ce sont les feux d'artifice, les bals populaires...

Pour moi, le 14 juillet c'est beaucoup de choses mais ce n'est pas... rien !

PS: Contente de vous retrouver, l'Ep'







Feux d'artifice de Monsieur Ep' (oui, oui!)
Photos Epamine

samedi 9 mars 2013

& Le sourire de la petite boule jaune...

Quand elle était petite, il avait déjà cette tête...

Je pensais qu'avec les années qui passaient, ce gamin vieillirait en même temps que ma fille; j'imaginais que ses traits étant passés de ceux de l'enfance à ceux de l'adolescence, un autre bambin aurait pris sa place pour attirer la gourmandise des gamins.

Eh bien non ! Jusqu'en 2005, année des 20 ans de ma fille, quand on déambulait dans les rayons des supermarchés, on voyait toujours la même frimousse un peu kitch de ce petit gosse aux dents blanches. 

Et puis enfin, cette année-là, les grands penseurs ont compris qu'il était peut-être temps de "recustomiser" la marque mondialement connue et ils ont changé sa tête. C'est à ce moment-là que cet homme a parlé...

 

Il a écrit un livre : "Das Kind der Schokolade"  
Ce monsieur au beau sourire s'appelle Günter Euringer. Cela ne vous dit rien, je suppose. Normal !

Pourtant, c'est votre copain depuis 1973, alors qu'il avait 10 ans et qu'on a choisi son sourire pour décorer les boîtes de barres Kinder...  Le pauvre, on lui a trituré le portrait pendant 30 ans...

Alors qu'aujourd'hui, je dois demander l'autorisation aux parents de mes élèves si je veux exposer le travail de leur enfant (si, si, c'est obligatoire!) afin de ne pas porter éventuellement atteinte à leurs futurs droits d'auteur (je ne rigole pas, renseignez-vous!), le sourire de ce pauvre Günter a été exploité pendant 32 ans pour une poignée de marks...



J'espère que, malgré tout, cela ne l'a pas dégoûté du chocolat et que ses enfants, comme tous les gamins du monde (à commencer par mon petit-fils ♥♥♥),  aiment ouvrir les œufs Kinder pour trouver la surprise qui se trouve dans la petite boule jaune....

lundi 4 mars 2013

& Tout petit

 Tout petit, il dévale inlassablement la colline et caracole dans ce grand champ où paissent tranquillement quelques belles vaches en chocolat.



On ne sait pas vraiment d'où il vient, ce petit... Ceux qui ont cherché à le savoir avaient sans doute quelques belles heures à perdre et je ne suis même pas certaine qu'ils aient trouvé la réponse...

Il est tout petit mais il fut de tout temps indispensable au petit peuple et, pas seulement. Il aide les plus faibles, il soutient ses voisins. Les pauvres hères d'antan étaient bien heureux de le croiser sur leur chemin afin de prendre tout ce qu'il leur offrait. Aujourd'hui, la clarté de son regard ne signifie plus, hélas, qu'on puisse lui faire confiance.

Il est tout petit et ne dérange pas grand monde. Pourtant, il a de la force et réussit toujours à se frayer un chemin en contournant habilement les obstacles.

Il est tout petit mais on l'entend murmurer, chuchoter. Sa lumière, sa fraîcheur, sa discrétion, sa voix claire inspirèrent et inspirent toujours poètes et peintres.

Quand il ne se promène pas dans la campagne et qu'il a la mauvaise idée de se balader en ville, on le méprise, on lui jette de vilaines choses à la figure, on le cache, on lui crache au visage, on l'avilit...
Les plus malheureux, parfois, le rejoignent et il devient difficile de s'en défaire.
  
Il en aurait des histoires à raconter, le petit ru !  

samedi 2 mars 2013

& L'effet vicariant

PMEV : Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant... Kézako?
  Je cite :
"L'apprentissage vicariant pourrait correspondre, dans le contexte scolaire et pour simplifier, à ce que l'enfant peut apprendre en marge du discours du maître proprement dit : en regardant faire et en écoutant ceux qui savent faire ou en train d'apprendre ou encore, par extension, en analysant la production de ceux qui savent faire."

Cela ne vous intéresse pas... 
Tant mieux, car l'effet vicariant dont je veux vous parler n'a rien à voir avec la PMEV...

Prenez une femme vicaire, charmante, énergique, surprenante, très ronde, célibataire, amoureuse des histoires de Jane Austen et du chocolat (qu'elle cache dans une énorme Bible transformée en boîte à confiserie!) et responsable spirituelle (et pas que...) des habitants d'un petit village très british.

Prenez un charmant jeune homme, mince, discret, très séduisant, amoureux des livres, nouveau venu dans le village, qui tombe rapidement sous le charme de la vicaire...
Il a une adorable sœur blonde, toute aussi charmante que lui, que la vicaire prend pour sa petite amie, par erreur.


Voilà ce que "l'effet vicariant" produit quand le beau Harry Jasper Kennedy (Richard Armitage) demande la main de la vicaire Geraldine Granger (Dawn French) et que celle-ci ne comprend pas immédiatement que c'est elle qui sera la mariée...

Désolée, je n'ai pas trouvé de vidéo sous-titrée en français mais est-il vraiment besoin de comprendre tout ce qu'ils disent...



Pas mal, hein, l'effet vicariant de la Vicaire de Dibley?
Personnellement, cela me fait vraiment beaucoup rire... 

Petite info pour les non initiés: lorsqu'elle comprend que c'est elle qui est demandée en mariage, Geraldine réagit exactement comme une des héroïnes de Jane Austen dont elle s'est longuement moquée dans une scène précédente...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...