samedi 18 avril 2020

& Quand le confinement devient muse...

Bonjour tout le monde!

Comme c'est reparti pour un petit tour de confinement, je viens prendre de vos nouvelles (il serait temps, me direz-vous!) et vous livrer mon petit texte du jour.

Par ma petite fable, je veux rendre hommage aux enfants, véritables petits héros de cette période surnaturelle, légitimer les fragilités d'adultes et prôner les bienfaits de la famille durant ce confinement (dans les familles bienveillantes, cela s'entend!)


Il faut, autant qu’on peut, satisfaire tout le monde.
On a souvent besoin d’un plus petit que soi.
De cette vérité, confinement fait foi
Tant la chose en preuves abonde.

Au milieu du petit salon,
Un enfant joue par terre et sage, il colorie.
Le parent, lassé du COVID, sort de ses gonds,
Craignant pour le tapis, se ravise et sourit.
Ce sourire ne fut pas perdu.
De par le monde, qui aurait cru
Qu’un père de son fils eût besoin ?
Cependant, il advint qu’avant le onze mai
Ce parent perdit sa gaîté,
Il cria, s’emporta puis pleura dans son coin.
L’enfant s’approcha, sourit et lentement,
Il offrit à son père son joli coloriage.

Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.


Prenez soin de vous, de ceux que vous aimez et ne croyez surtout pas que je vous ai oubliés...
.

dimanche 8 septembre 2019

& Crise d'identité



Il avait entendu dire que, dans la lointaine France, un chef de guerre lorrain avertissait ses ennemis en leur lançant un terrible " Ne me touche pas, je pique!" . Et cela, tout simplement parce que le sol de cette belle région était parsemé de chardons aux ânes dont les piquants acérés infligeaient d'âpres douleurs aux imprudents. Impressionnés par ce "Qui s'y frotte, s'y pique!", la plupart ne s'y frottaient point…

Dans une autre contrée de la vieille Europe, en Écosse, on respectait aussi le chardon pour ses piquants qui avaient sauvé le peuple, jadis.

Alors, pendant quelque temps, il se targua d'être une plante symbolique…

Plus tard, vint à passer un porc-épic. Longtemps, il avait cru que l'animal pouvait lancer ses immenses piquants contre ses adversaires mais à ce qu'il avait appris dernièrement, il n'en était rien. Au contraire, les piquants facilement détachables du porc-épic étaient ramassés par les peuples premiers qui s'en servaient pour faire de la broderie, du quillwork…

Alors, pendant quelque temps, il se targua d'être un petit porc-épic…

Et un jour, il fit la connaissance de Biddy le hérisson à ventre blanc! Ses maîtres qui l'avaient emmené en balade jusque là, faisaient une petite pause tout près et la jolie petite boule de piquants doux avait trottiné sur le chemin avant de repartir à l'aventure.

Alors, pendant quelque temps, il se targua d'être un petit hérisson à ventre blanc…

Plus tard, il se targua d'être une châtaigne que l'on pouvait griller et vendre dans des cornets en papier les soirs d'hiver en criant "Chauds, les marrons! Chauds!"

Et comme personne ne le croyait, alors il se targua d'être un marron d'Inde et de figurer dans les plus belles pages de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert...

"Ras-le-bol!" lui lança un jour la propriétaire du jardin. "Tu es juste un datura. Enfin, le fruit tout sec d'un datura. On t'a planté là, à côté des patates et des aubergines parce que tes feuilles attirent les larves de doryphores et qu'elles crèvent dès qu'elles te goûtent. Bon, elle est finie ta petite crise d'identité? Tu sais, tu aurais peut-être séché moins vite si tu avais un peu réfléchi. C'est pas moi qui le dis, c'est Publius Syrus: "Le temps de la réflexion est une économie de temps"...



http://libellune.com/v2/2012/08/30/datura-herbe-du-diable/
Aquarelle de Libellune

samedi 31 août 2019

& On m'avait dit

Jadis, quand j'y pensais, il m'était difficile, voire impossible, d'associer cet état à quoi que ce soit de connu de mes petites cellules grises.

D'anciennes gens, estimables ou pas, m'avaient avisée que c'était bien; d'aucuns avaient même osé le "très bien!", ponctuant leurs propos par un incontournable "Tu verras!"

Fichtre!  Cornebidouille !

Je vois !

"Pinaise!" comme dirait Omer Simpson... Non, non, ce n'est pas bien, ni même très bien, c'est GÉNIALISSIME!... 

Demain, 1er septembre 2019, je serai officiellement retraitée de l'Education Nationale mais dans ma tête et dans ma vie, je suis en retraite depuis le 5 juillet ! Et depuis cette date, je suis dans une espèce de bulle spatio-temporelle que dont je profite sans modération.

Etre en retraite c'est être vraiment soi-même, enfin ! On prend le temps, on prend son temps pour mieux le partager, on le donne, on en perd pour mieux en trouver et surtout, on ne le tue pas, au contraire, il passe très vite, si vite...

Comment peut-on redouter d'être en retraite ? Comment peut-on craindre de s'ennuyer ?
Mes petites cellules grises fourmillent de projets, d'idées...

Pendant quarante années, j'ai accompagné, guidé, conseillé des centaines d'enfants avec un plaisir immense et leur présence m'a octroyé un sublime "déni de vieillesse"...

Il me faudra bien encore quarante années pour mener à bien tout ce que je veux faire et pour doucement vieillir... 

& Le p'tit tordu

Tu réunis des feuilles, des billets, des mémoires,
Rigolo tortillon d'acier galvanisé,
On te tord, on t'écartèle, sans être sûr de te revoir
Mais tu es prêt à tout pour solidariser.
Bleuté ou doré parmi les simples
Où fièrement tu te glisses,
Neveu lointain de Dame Épingle
Es-tu sûr de toi, petit trombone au cou lisse?




dimanche 21 juillet 2019

& Quand la retraitée se souvient...

Pour empêcher la chaleur accablante de l'été de pénétrer dans la maison, les persiennes ont été fermées tôt dans la journée par la sœur aînée.
Dans la soirée, la cadette s'est affairée dans la cuisine pour préparer une rafraîchissante citronnade. 
Elle a ensuite déposé la carafe glacée et six grands verres sur un plateau de papier mâché laqué noir qu'elle a apporté sur la table basse du salon.

Les deux sœurs ont invité pour l’événement, deux fillettes et leurs parents. Tous se sont installés devant la télé, les gamines se sont assises sur le tapis tandis que les adultes ont pris place sur le canapé et les fauteuils.
Le temps s'est écoulé au rythme lent du balancier de la grosse horloge.
Les yeux rivés sur les images en noir et blanc du petit écran, personne ne parlait à l'exception de Jean-Pierre Chapel et de Michel Anfrol, commentateurs de l'O.R.T.F.

Le mot "torpeur" a alors pris tout son sens : "Ralentissement général des manifestations de la vie". Même les moustiques ont interrompu leur vrombissement exaspérant.

A Villeneuve-sur-Lot, en cette nuit du 21 juillet 1969, à l'unisson de tous ses voisins de Terre, une gamine de presque 8 ans a applaudi le premier pas de l'Homme sur la Lune.

Aujourd'hui, la gamine vient de prendre sa retraite...



samedi 25 août 2018

& Rencontre

Je suis là-haut, sur "ma" colline, près du Signal battu par les vents et devant moi, à perte de vue, s'étendent les terres moissonnées, les pâturages et les bois, les villages aux toits écrasés de soleil et les petites routes sinueuses qui se faufilent entre les vallons.
De là-haut, le paysage est à la fois grandiose et paisible, vertigineux et humble, puissant et doux... 
J'en connais chaque courbe, chaque mouvement, chaque ondulation et les perpétuels changements imposés à la nature par la main de l'homme altèrent toujours un peu mon bonheur presque parfait d'être là.
Par cette belle après-midi d'été, comme à chaque fois que je monte sur cet éperon rocheux, je respire à pleins poumons, j'écoute le silence et le vent m'apporte parfois le tirelire d'une alouette volant en contrebas.
Comme à chaque fois, je me sens libre, vivante...

C'est alors que j'entends une petite voix derrière moi : "Bonjour ! T'as trouvé des étoiles, toi ?"
En me retournant, j'aperçois une petite fille accompagnée d'une jeune femme qui s'excuse poliment du comportement de la fillette.

"Mais je vous en prie! "
Et je reprends en m'adressant à la petite fille :
" Non, je n'ai pas trouvé d'étoiles car aujourd'hui, je n'en ai pas cherchées. Avant, on avait le droit de creuser le sol pour trouver des petites étoiles mais depuis quelques années, c'est interdit car les gros trous abîment la colline et les fleurs!
- Je sais. Maman me l'a dit !
- Donc tu es une grande fille raisonnable ! Bravo !
Et voilà la poupette qui commence à me poser des questions comme si elle m'avait toujours connue...
"Tu fais quoi comme travail ?
- Je suis maîtresse d'école. Je m'occupe des grands du CM2.
- Moi je vais rentrer en CE1 et ma sœur chez les moyens. T'en as beaucoup des étoiles d'avant ?"
...
Et pendant de longues minutes, le joyeux babillage de l'enfant égaie le silence du plateau. 
Tout y passe : les étoiles, bien sûr, mais aussi les vaches, sa petite sœur, ses grands-parents, les cousins, les vacances, le vélo, les mirabelles, la confiture de groseilles, le boulanger, les papillons, les robes de princesses, les fleurs des champs, les petits pois, la toile de tente, les raquettes....

C'est incroyable comme en si peu de temps, on peut penser à un si grand nombre de choses!

Une fois encore, en montant sur "ma" colline, j'ai rencontré la petite fille que j'étais et que je ne cesserai jamais d'être...




jeudi 23 août 2018

& Si près

Afin qu'ils eussent les dimensions adéquates et réglementaires,  Madame C., la grande responsable de l'atelier, reprit de nombreuses fois les mesures avec son mètre ruban qu'elle portait toujours autour du cou. A plusieurs reprises, elle tâta les différents velours, observa d'un œil avisé les innombrables échantillons de passementerie qui s'étalaient devant elle puis s'écria brusquement d'un ton solennel: "Vous prendrez ça et ça et ça avec ça!"

Aussitôt, on se retrouva dans une ruche. On entendit le cliquetis des ciseaux, le tacataca des machines, le bruit spécifique du pied-de-biche abaissé sur le tissu, le bruissement des étoffes transformées par des mains expertes et, au bout de quelques heures, ils étaient là!

Comme pour chaque cérémonie, on avait commandé à l'atelier le matériel nécessaire pour que tout soit parfait… et cette année encore, ce serait parfait.
Et cette année encore, comme il n'est pas difficile de nourrir des pensées admirables lorsque les étoiles sont présentes, les petites couturières, les habiles couseuses de coussins, auraient une larme à l'œil et des rêves plein la tête en voyant leurs coussinets passer si près des héros, lors de la remise des trophées aux vainqueurs… 

samedi 13 janvier 2018

& Point à la ligne


Raconter une ville en quelques lignes, pas facile!

Du haut d'une ligne aérienne, on apprécie les lignes courbes de ses contours, les lignes droites de ses avenues, l'enchevêtrement inouï de ses lignes de routes et autoroutes, les lignes parallèles et perpendiculaires de ses quartiers très anciens... ou très modernes!

Sur la ligne de chemin de fer, mue par une ligne à haute tension, on contemple  la ligne d'horizon qui défile avant d'apercevoir les premières lignes brisées des toitures. Sitôt en ville, on cherche sa ligne de bus, sa ligne de métro, sa ligne de tram ou la ligne jaune reconnaissable d'un taxi...

Mais si, comme tant de migrants autrefois, suivant leur destin dans les lignes de leurs mains, les yeux remplis de lumière et le cœur plein d'espoir, on arrive par la ligne maritime, que l'on ait franchi ou non la ligne de l'équateur, ce qu'on voit en droite ligne est unique!

Une fois que l'on a salué avec émotion la belle dame à la lampe (la sœur de la Tour Eiffel qui, comme elle, a toujours la ligne!), si l'on est en première ligne, le spectacle offert est celui d'un feu d'artifice de lignes verticales et vertigineuses, de lignes ascendantes touchant le ciel, de lignes d'eau et de reflets, de points et de lignes de lumière...

Et si l'on ne met pas en ligne de compte les détresses humaines de tous genres qui se vivent et se lisent entre toutes ces lignes, de la mauvaise ligne de conduite au sniffeur de lignes en passant par la terrible coupure de ligne électrique ou téléphonique, cette ville, comme tant d'autres villes, est magnifique. Point à la ligne!
Mais on peut penser et ce, sans se tromper, que beaucoup de gens, sous la lueur de chacune de ces innombrables petites lumières diront ce soir: "J'ai passé une excellente soirée... mais ce n'était pas celle-ci."



MIC du 08/06/2014
mot: ligne
image: New York by night

citation :
J'ai passé une excellente soirée... mais ce n'était pas celle-ci. - Groucho Marx

samedi 6 janvier 2018

& #Eux

Quand elle pose son regard sur lui, je peux presque voir les minuscules étoiles dorées qui s'envolent de ses yeux clairs.
Quand il lui pose une question, je peux presque voir les petits cœurs qui se dessinent sous le point d'interrogation.
Quand elle répond à sa question, je peux presque entendre les plumes et le duvet qui se posent à côté de ses mots.
Quand il rit avec elle, je peux presque entendre les microscopiques bulles d'amour qui éclatent entre deux rires.
Quand ils parlent cuisine et dégustation entre eux, je peux presque sentir le fumet délicieux de leurs petits plats.
Quand ils parlent jeux vidéo entre eux, je peux presque apercevoir les personnages sur leur écran.

Quand elle répare ou fabrique avec ses mains magiques, j'aime le regarder quand il la regarde.
Quand il joue ou réfléchit avant de poser sa carte, j'aime la regarder quand elle le regarde.

Quand ils sont l'un près de l'autre, penchés sur un livre ou encâlinés pour une pause-tendresse, je me dis qu'ils ont déjà tout ce qu'il faut pour former une belle petite équipe, même quand je serai partie.

Je lui ai donné la vie.
Elle lui a donné la vie.
Eux, ils ne sont pas toute ma vie mais ils en sont le sucre, le sel et l'acidulé. Moi, je suis la mère et la grand-mère.
Aujourd'hui, nous fêtons les anniversaires de mes deux beaux capricornes aux yeux clairs.


mercredi 3 janvier 2018

& Jeux sans frontières

La plupart du temps, les équipes sont facilement identifiables. Parfois, pourtant, quelques joueurs de dernière minute entrent sur le terrain sans qu'aucun enregistrement ni identification n'ait été effectué. 
Aucune importance ! Faisons fi de l'origine et du nom des participants.
Plus on est de joueurs, mieux on joue ! 

Les joueurs arrivent sur les lieux par leurs propres moyens, seuls ou en équipe et s'installent où bon leur semble dans le complexe sportif.
Les règles du jeu sont très simples :
  1. Atteindre les cibles avant tous les autres participants;
  2. Récupérer le plus rapidement possible (sans les mains) le maximum de pièces du jeu;
  3. Rejoindre prestement son aire de repos.
Lorsque deux joueurs arrivent simultanément sur une des bases, c'est le plus malin des deux qui attrape la pièce de jeu et qui l'emporte. 

Durant la partie (dont la durée s'étend à peu près du lever au coucher du soleil), tous les participants jouent sans relâche jusqu'à ce qu'ils décident de quitter le terrain de jeux. Dès qu'ils reviennent à l'intérieur du complexe sportif, ils ont le droit de participer de nouveau au jeu, s'ils le souhaitent.

Pour atteindre les bases qui sont, pour certaines, un peu surélevées, les joueurs peuvent utiliser toutes les techniques de déplacement. Certains concurrents usent même d'acrobaties vertigineuses pour approcher la cible et récupérer les pièces du jeu.
Ces pièces à récupérer sont de différentes natures donc de différentes grosseurs mais ces paramètres n'interviennent nullement dans le comptage des points.
D'ailleurs, il n'y a pas de comptage de points.

La valeur des joueurs, leur expertise et leur pugnacité se mesurent uniquement à leur poids, si tant est que l'on pût les mesurer...

En effet, le grand gagnant de ces jeux sans frontières est l'oiseau qui réussit à ingurgiter le plus de graines en picorant ici et là, dans les différentes mangeoires que j'ai disposées dans mon petit jardin.

Pour information, à ce jour, les joueurs sont les suivants:
  • la mésange charbonnière
  • la mésange bleue
  • le moineau domestique (non domestiqué cependant)
  • le rouge-gorge
  • le merle noir et sa dame
  • la tourterelle
  • l'étourneau sansonnet (sans roupie)

lundi 1 janvier 2018

& 01/01/18

Quoi de mieux qu'un premier de l'an pour retrouver des amis ?

Éloignée de vous tous et de vos beaux mots depuis longtemps (très... trop...), je reviens vers vous pour  souhaiter à chacun d'entre vous une 
BELLE
& DOUCE
& LUMINEUSE 
& CHALEUREUSE
ANNÉE
2018.

Je n'ai plus foi en l'humanité lorsqu'elle suit les principes idéologiques d'un groupe, d'un mouvement, d'un parti politique, d'une secte, d'une religion, d'une caste, d'une corporation... car ces "grandes idées" ne sont que les préceptes égocentriques d'un dictateur, d'un arriviste, d'un opportuniste, d'un manipulateur, d'un oligarque... 
Mais je crois toujours en l'humain. Comme les Lumières du XVIIIème siècle, j'ai inexorablement foi en l'Homme quand il agit en son âme et conscience, tout seul, discrètement, dans son petit coin (pas forcément dans ses toilettes!).

Alors, en tant qu'humain, n'essayons pas de faire le buzz mais chaque jour, faisons notre petite part sur cette planète et nous rendrons l'année encore plus belle :
- finissons le contenu de notre assiette, de notre bol, finissons notre yaourt et notre morceau de pain...
- ne laissons pas couler l'eau du robinet quand nous nous savonnons les mains et quand nous brossons nos dents;
- n'achetons pas si nous n'aimons pas trop ou si il y a encore plein de "trucs" dans le frigo;
- offrons des sourires plusieurs fois dans la journée : c'est gratuit et ça fait du bien au fabricant de sourires et au(x) destinataire(s);
- utilisons notre temps et notre énergie pour témoigner, pour accompagner, pour donner, pour mettre des couleurs autour de nous;
- ne gaspillons pas notre temps et notre énergie pour rendre les imbéciles moins imbéciles;
- laissons voleter les abeilles;
- lisons les étiquettes avant d'acheter un produit;
- jouons à des jeux de société (vous savez, ce truc avec des cartes/des dés/des pions et où on doit se parler!) avec un enfant, un parent ou un ami;
- restons bouche bée, encore et toujours, devant la pleine lune ou le lever du soleil ou un ciel étoilé;
- disons bonjour ET merci ET belle fin de journée à l'hôtesse de caisse du supermarché;
- utilisons les poubelles et ne jetons rien sur le sol;
- réparons, raccommodons, customisons, recollons... au lieu de jeter ;
- respectons le travail d'autrui et autrui par la même occasion;
- parlons aux personnes (surtout aux enfants !!!!!) qui sont près de nous au lieu d'adorer nos écrans tels des dieux;
- emballons notre chewing-gum "supermâché" (lol) dans un petit bout de papier avant de le jeter dans une poubelle au lieu de le cracher sur le trottoir,
- utilisons notre esprit critique avant de croire les inepties véhiculées par les médias,
- passons une journée entière (ou beaucoup plus!) sans dire une seule grossièreté (surtout en présence d'enfants!!!)
...&
&
&
&...
En agissant sans nuire à la planète ni à aucun de nos voisins de terre, nous sommes un meilleur humain et le monde se porte un peu mieux grâce à nous !

AH !! Si les 7 550 262 000 Terriens (surtout les dirigeants!!!) se comportaient en belle personne, dans leur maison, dans leur jardin, dans leur rue, dans leur quartier, dans leur ville, dans leur pays... WOUAOUH, quel monde merveilleux serait le nôtre !
Faisons en sorte d'offrir une belle année à nos voisins de terre et de laisser une chouette planète à nos enfants et à leurs descendants !

vendredi 17 février 2017

& A l'abri

Rue de Paris, temps de pluie (1877) de Gustave Caillebotte
Je me souviens très bien du jour où je l'ai vu la première fois…

Il était d'une rare élégance, chic sans être archaïque, très distingué sans être guindé. Il me plut instantanément et je me suis dit que j'aurais fière allure, pendu à son bras.

Sans fantaisie aucune, d'humeur toujours sombre et d'humour souvent noir, je n'avais guère ma place au milieu de mes congénères bariolés, excentriques, qui passaient leur temps à rire comme des baleines et à faire mille contorsions pour réussir à s'enfermer dans de minuscules sacs de couchage.
Pourtant, malgré mon air austère et mon "tape-à-terre", je frémis de la poignée lorsqu'il s'approcha de moi. Je n'étais pas tombé de la dernière pluie: j'avais mes chances. Il m'attrapa délicatement, se dirigea vers la porte et là, pour la première fois de ma vie, je vis le soleil…

D'un geste précis, en m'ouvrant, il ferma le ciel. Épanoui comme une fleur d'été, je découvris la rue un bref instant puis il me referma doucement et lui et moi rentrâmes à l'intérieur.

"C'est bon! Je prends celui-ci!

- Excellent choix, Monsieur le Procureur!

- Pensez-vous que je serai bien à l'abri avec lui?

- Sans aucun doute, Monsieur le Procureur ! Il est de plus fort raffiné…

- Il est vrai. C'est que, voyez-vous, je suis comme ces gens qui n'ont aucun souvenir, j'ai toujours une peur panique du lendemain, surtout avec mon métier!

- Je comprends, Monsieur le Procureur ! Mais vous n'avez rien à craindre.

- Je le crois, en effet! Un ami très proche m'a dit la semaine dernière qu'il suffisait d'ouvrir les parapluies pour n'avoir aucun problème. Celui-ci est le quinzième. Vous pensez que c'est suffisant?

- Vous n'aurez aucun pépin, Monsieur le Procureur, avec tant de parapluies ouverts mais évitez de les ouvrir à l'intérieur: ça porte malheur, paraît-il!"

Chic et élégant, mon procureur, évidemment, mais prenant tout tellement au pied de la lettre que je suis certain qu'un jour, on va le voir, siégeant dans l'eau de la mer, tenant d'une main le dernier best-seller et de l'autre: moi! 


Dans ce défi, il fallait utiliser le mot "procureur" et la citation de Georges Wolinski :
"Les gens qui n'ont aucun souvenir ont toujours eu une peur panique du lendemain."

mercredi 15 février 2017

& La mayo du fils à Marcel

" Que ceux qui achètent la mayonnaise en tube, en pot, en barquette lèvent la main... Rhôôô! Pas bien !
- Mais de quoi tu te mêles, Ep' ? Ils font ce qu'ils veulent tes gentils gens!
- Évidemment, chacun fait comme il veut ! C'est vrai que tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir un Pépère René...
- Quel rapport avec la mayo ? Raconte !"

Imaginez...
L'immense cuisine, l'immense table des vacances à la campagne et les petits-enfants qui arrivent, affamés après une après-midi de jeux, d'escalades, de tours de vélo, de parties de raquettes, de liberté...
"Qu'est-ce qu'on mange, ce soir ?"
Arrive alors une des réponses préférées de la ribambelle : une salade de tomates (du jardin, bien évidemment), du rôti froid avec de la mayonnaise, du Carré de l'Est et du gâteau de riz, fait par Mamie (pas Nova mais à nous).
YOUPI!
Alors commence le cérémonial de la mayonnaise...
Mon grand-père sort un bol, THE bol, l'Arcopal© avec la marguerite qui a toujours tous ses pétales mais qui sont si pâles, si pâles à force d'être frottés...


Il prend l'œuf qu'il a sorti du vieux frigo voilà au moins une heure. Il prend le pot de moutarde (un de ces verres à moutarde illustrés qui occasionnent tant de palabres au moment de mettre le couvert...), les bouteilles d'huile et de vinaigre, le sel...


 "Zouzou, tu m'aides?"
Aider Pépère à faire la mayo, c'est avoir le grand honneur, l'immense privilège, la lourde responsabilité de casser l’œuf et de n'en garder que le jaune, de tenir le bol puis de verser l'huile sur demande... Et en tant qu'aînée, je me sens investie d'une mission : participer à la réussite de la mayonnaise ! 

Mon grand-père (avec ou sans moi!) ne manqua jamais une mayonnaise ! On pouvait retourner le bol, la mayonnaise tenait au fond, dorée, compacte mais onctueuse, moelleuse et si savoureuse. J'adorais le dernier tour de fourchette grâce auquel mon grand-père décorait la mayonnaise d'un petit "pique" au milieu du pot.

Depuis cette époque, bien qu'il nous ait quittés trop tôt, mon grand-père est à mes côtés à chaque fois que je fais une mayonnaise...

"Que ceux qui ont remarqué l'excellent jeu de mot proposé dans le titre lèvent la main! C'est bien !"
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