jeudi 9 février 2012

& Smörboll, Ringskär, Pjätteryd, Torbjörn & les autres

Dans l'Olympe scandinave, à Ásgard, les dieux étaient courageux, puissants mais pas d'bol pour eux, ils étaient... mortels. 
Les nombreux Ases qui demeuraient dans l'enceinte divine construite au centre du monde, pouvaient donc avoir la goutte au nez et tousser, avoir bobo la tête et 40° de fièvre. Je suppose donc qu'Odin, Thor et les autres dieux nordiques s'emmitouflaient plus que Zeus, Hadès ou qu'Aphrodite, qu'ils se préparaient de grands grogs à l'hydromel (le nectar n'étant pas assez alcoolisé) et qu'ils mettaient des bouillottes dans leurs  divins dodos.
En plus d'être malades et de souffrir comme les humains, les pauv' dieux de l'Ásgard savaient...!
Et que savaient-ils?
Ils savaient qu'un jour, le si tristement célèbre jour de Ragnarök, le ciel ne leur tomberait pas sur la tête, mais leur monde - le Voilà-là pour les ignares - comme les huit autres mondes de la théogonie scandinave, disparaîtrait à jamais.
Smörboll, Ringskär, Pjätteryd, Torbjörn et tous les autres firent alors tout ce qui était en leur pouvoir pour que cela arrivât le plus tard possible et tous essayèrent de gagner du temps sur l'Apocalypse.

Ils consolidèrent leurs immenses fortifications peintes en bleu roi et décorées de jaune; mieux, ils en édifièrent de plus en plus un peu partout.
Ils envoyèrent régulièrement des messagers porter les nouvelles importantes aux plus lointaines frontières de leur royaume.
Ils inventèrent de nouvelles stratégies pour combattre et pour vaincre leurs adversaires.
Ils s'installèrent incognito au milieu des humains pour identifier les traîtres éventuels.
Ils s'entraînèrent encore et toujours pour être au mieux de leur forme le moment venu.

Bref, ils se préparèrent pour le moment fatidique où ils devraient abandonner l'Ásgard...

Encore aujourd'hui,  le soir, à la veillée, les anciens et surtout les plus jeunes parlent des personnages légendaires que sont Smörboll, Ringskär, Pjätteryd, Torbjörn & tous les autres car en fait, je vous ai bien eus (hihihi!)...

Il ne s'agit nullement, mais je ne m'en excuse pas, de noms de dieux. Non, non, non!
Ce sont les noms des meubles d'un célèbre magasin suédois... Vous voyez ?
Allez donc voir dans le catalogue 2012 ce que l'on fait aujourd'hui, dans l'Ásgard moderne, en compagnie de Smörboll, Ringskär, Pjätteryd, Torbjörn & les autres et si vous voulez rire davantage, allez faire un tour par .

On peut revoir les pubs qui sont diffusées à la télé (vous savez avec la petite musique qui fait  "♪ tu tu tulu tu tulu tu ♫") ou bien découvrir d'autres petites vidéos qui sont tournées dans les magasins IKEA en caméra cachée... Certaines valent le détour et c'est si bon de rire...

BONNE NJUT


Chevaux de Dalécarlie ou dadas dalas

mercredi 8 février 2012

& Petits légumes frais



 
"Quand on sort de la piscine 
et qu'il fait froid,
on a l'impression 
d'être un légume mal décongelé."

Geneviève BRISAC  (1951)   Ecrivain français

   

dimanche 5 février 2012

& Cha pèle

Pour éviter que la bise ne nous bécote sur la bouche, nous nous gardons bien de l'ouvrir et comme les oignons, nous nous enveloppons dans de nombreuses couches. Emmitouflés dans nos écharpes, nos bonnets, nos chapkas, nos capuches, nos cols relevés, nos doudounes et nos foulards enturbannés, nos visages disparaissent et nous plongeons dans l'anonymat.*

Bouffis dans nos houppelandes, c'est donc en marmonnant que nous saluons les autres momies gelées que nous croisons.
Entre nos lèvres gercées gluantes de baume, notre écharpe qui colle à la bouche et nos joues raidies par le froid, notre élocution est difficile mais nos conversations, aussi courtes soient elles, tournent toujours autour du même sujet: "Qu'est-che que cha pèle aujourd'hui!" 

Alors comme cha pèle, parlons "chapelle"!

Ben oui, la chapelle dérive du mot "chape" et une chape, c'est une grande cape portée par le clergé; vous savez, même quand on a la foi, on a parfois froid et un grand manteau, ça tient chaud, surtout quand on se gèle les orteils dans des sandalettes!
C'est aussi le nom du manteau que Saint Martin, soldat romain, partagea en 338 avec un pauvre mendiant. Le reste de sa chape aurait été placé sous une tente de toile appelée "chapelle" pour que les soldats chrétiens  puissent le vénérer partout lors de leurs déplacements militaires dans l'empire romain. 
Peu à peu, on remplaça les cabanes de toile itinérantes par de petits édifices en pierres pour protéger les reliques et les objets saints et on leur laissa le nom de "chapelles".


Au fil du temps, on érigea des chapelles dans les châteaux, les hôpitaux, les hospices, les écoles, les prisons... ; on dressa des chapelles au milieu des prés, des bois, des montagnes ou au bord de la mer ; on construisit des chapelles dans les bas-côtés des cathédrales, des basiliques et des grandes églises...

Que vous ayez ou non la foi, que vous soyez pèlerin d'âme ou pèlerin d'art, entrez une fois dans une petite chapelle (pour du grandiose, choisissez plutôt la Sainte-Chapelle ou la Sixtine!). Comme dans un musée, admirez les fresques, les vitraux, les boiseries, la statuaire, la sobriété ou l'extravagance, le dénuement ou l'opulence, la lumière et le silence, les bouquets, les ex-voto, les petites bougies allumées, la cire figée... 
Et avec un peu de chance, dans la chapelle, vous aurez peut-être un peu moins froid!




*Si le niqab est climatisé-très frais en été et très chaud en hiver- je comprends l'engouement qu'il génère dans certaines civilisations, car en ce moment, nous ressemblons tous à ces femmes qui, volontairement ou par obligation, s'habillent de religion.  Mais c'est bizarre, j'ai comme un doute sur l'effet kiss cool-hot du niqab!

Statue en bois de Saint-Martin (Photo Epamine)

mercredi 1 février 2012

& Des pas dans la neige...

Il fait encore nuit.
Le silence règne sur l'immense espace blanc de neige.
La lune couvre toute chose de sa délicate lueur bleutée.

Et, tout à coup, l'ombre surgit!
Un cliquetis métallique rompt le silence hivernal et on entend tourner deux fois une clé dans la lourde serrure...
L'ombre s'est glissée furtivement dans un des recoins du vaste bâtiment et, de nouveau, le silence...

Au bout d'un long moment, l'ombre réapparaît et avance vers la forêt en laissant derrière elle la trace de ses pas dans la neige immaculée. Peu à peu, les pas disparaissent pour laisser la place à de larges taches sombres qui s'étendent de plus en plus pour n'en faire qu'une seule...

Brusquement, l'ombre change de direction et poursuit son manège mystérieux en se dirigeant vers l'autre extrémité du bâtiment... La silhouette énigmatique, avec un rythme régulier, plonge sa main dans une lourde besace puis trace un large cercle avec son bras tout en marchant... 

Lorsqu'elle arrive près du bâtiment, elle s'y engouffre. On entend de nouveau les deux tours de clé puis plus rien.


Hihihi!
En ce lundi, l'ombre mystérieuse n'était rien d'autre que votre Ep' qui, en bonne dirlo d'école élémentaire, est allée, dès potron-minet, jeter du sel dans la cour pour faire deux petits chemins dans la neige gelée...

samedi 28 janvier 2012

& Le pot de terre et le petit garçon

Dans une rue montante, sinueuse, encombrée,
Écrasée de soleil en ce mois de juillet,
Un enfant, âgé de huit ans
Marchait solitaire sur le trottoir brûlant.
Dans sa poche tintaient ses petites économies
Qu'il vérifiait de sa menotte jolie,
Mais son visage grave et concentré
Retenait l'attention des passants qu'il croisait
Et qui faisaient un grand cas de son sort.
Le jeune enfant s'arrêta à l'ombre d'un store
Puis glissa tout de bon ses deux mains dans ses poches.
Il se plaça face à la porte toute proche
Et entra soudain dans la petite boutique.
Femmes, hommes, seniors, dans un effet comique,
Les uns après les autres sortaient, joyeux, blasés,
Et rejoignaient bien vite leur véhicule surchauffé.
Puis ce fut à son tour
Et je regardais sans détour...
De l'enfant, on ne voyait plus rien que ses jambes-allumettes
Car tout le haut du corps était une plante verte!
Dans un énorme pot magnifique et pesant,
Avait pris racine un grand arum élégant
Et le petit homme, songeant au sourire de sa mère,
Embrassait la terre cuite et souffrait mille misères.


Parfois, les enfants ont les yeux plus gros que le ventre
Mais je sais qu'ils ont aussi le coeur plus gros que leurs bras...

Photo Epamin' : Poterie artisanale en Crête

mercredi 25 janvier 2012

& Soeur Anne, ne vois-tu rien venir?

 D'abord...
Le Jacques (vous savez, celui qui loge près du pont), le Nicolas l'Ancien (le père de Nicolas le Jeune), la Ririte du Jean qu'est mort, le Claude avec sa Mangeon et leur fille, la Marie, tous s'en reviennent vers la ferme car l'angélus a sonné. 
Ils ont travaillé dur toute la journée dans les champs du maître. 
A leurs sabots, marqués par le temps et les rudes labeurs, la terre ramollie par la pluie s'est collée et alourdit leurs pas.

Jour après jour, dans tout le pays, ces "petites gens" qu'on appelle avec mépris les gueux, s'occupent de leurs troupeaux... Après avoir regardé la couleur du ciel, ils bêchent, sèment, fauchent, coupent, lient, ramassent, récoltent, fanent, moissonnent, foulent, apprivoisent cette terre qu'ils aiment, qui les nourrit mais qui les tue. Par leur travail, ils nourrissent un peu les leurs, mais surtout, tous les autres...
A part le dimanche, jour du Seigneur où l'on prie pour que le ciel soit clément et où ce serait pêcher que de travailler, leur vie n'est qu'efforts, travail, peine et ce, en toutes saisons. 

Et tout ça pour si peu!

En cette période d'Ancien Régime,  le sort en est jeté dès l'instant de la naissance (oui, je sais, c'est encore comme ça aujourd'hui, mais parfois, on peut faire changer les choses!!!) et selon la chambre où l'on pousse son premier cri, on sait déjà à quel endroit on rendra son dernier soupir... et personne ne pourra modifier cette ancestrale répartition des rôles...

Ensuite...

Aujourd'hui, les choses ont évolué et c'est bien. Même si, hélas, la Révolution de 1789 n'a pas profité à ceux qui l'ont faite (vaste sujet!), nous vivons désormais dans une république (enfin je crois car c'est encore écrit RF ici et là!).

Aussi, puisque nous avons l'immense chance de pouvoir choisir celui ou celle qui va être le président de notre république, il ne faut pas laisser passer l'occasion.
Le problème, (enfin en ce qui concerne la quinquagénaire que je suis) c'est que ce que j'entends  et ce que je vois "all day long*" ne correspond nullement à l'idée que je me fais d'une campagne présidentielle propre, honnête, respectueuse des uns et des autres et "politiquement correcte". 
Ce que l'on essaye de me faire croire comme ce que je comprends entre les lignes altère la confiance, le respect et l'enthousiasme que je devrais avoir au moment de choisir le destin de mon pays.

Durant des siècles, nos ancêtres devaient subir sans mot dire ce que les puissants du royaume décidaient, souvent aux dépens des plus humbles.
Aujourd'hui, nous avons l'immense chance de pouvoir donner notre avis selon les lois de notre démocratie mais sommes-nous les seuls, nous les "petites gens" à respecter cette démocratie? 


Enfin...

Anne, ta petite sœur Marianne est bien en péril... 
Aussi, sœur Anne, ne vois-tu personne venir?
A part le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie, n'y a-t-il personne sur le chemin de l’Élysée qui pourrait éclairer le regard de Marianne et la faire sourire un peu ? 
Sœur Anne, ne vois-tu vraiment personne qui saurait mettre de belles couleurs à ses joues de plus en plus pâles et lui redonner l'espoir de jours meilleurs pour tous?

Dès que tu as du nouveau, fais moi un signe! 

Mais ne t'inquiète pas car, même si tu ne vois personne de nouveau entrer en lice, je voterai !





* all day long signifie toute la journée (en anglais)

dimanche 22 janvier 2012

& Zézette épouse X


Alphabet : chapitre 24

 


Coucou, me revoilou! 
Plus de deux mois d'absence, ça suffit, non? Alors je reviens vers vous, n'en déplaise à la vie et à ses imprévisibles tournants!...







Malgré le titre évocateur, mon billet ne sera ni ordurier, ni en dessous de la ceinture, ni paranormal, ni zézayant pas plus qu'administratif.
Par contre, si j'avais les connaissances adéquates, je vous parlerais avec enthousiasme:
  • de Malcolm X - bien que l'on connaisse plus aujourd'hui le jeune Malcolm de la série télévisée éponyme;
  • de rayons X mais c'est plutôt Maria Salomea Skłodowska herb Dołęga qui en connaissait un rayon là-dessus;
  • de chromosomes X - et pourtant, j'en possède deux depuis 50 ans et aucun Y;
  • d’enfants nés sous X (Qui a eu l'idée d'une expression aussi stupide?)
  • de XboX (comme j'ai déjà eu beaucoup de mal avec la Game Boy de ma fille, j'attends de voir ce qu'utilisera mon petit-fils...)
  • de XFiles (Je préférais "Aux frontières du possible" avec Pierre Vaneck qu'on regardait le samedi soir en famille!)
  • de Xmen (Pas besoin d'aller au cinéma : M. Ep' a les mêmes rouflaquettes que Wolverine!!)

Mais je pourrais remplir des pages
  • sur le -x, marque du pluriel, 
  • sur les 10 points que rapporte le X au scrabble, 
  • sur la génération X dont je fais partie, 
  • sur le petit x et de son super pote y, inconnues si célèbres, 
  • sur le mois de Xbre et sur les décorations traditionnelles de Xmas, 
  • sur Louis XIV ou sur son petit-fils Louis XV ou sur son petit-fils Louis XVI, 
  • sur la taille de vêtements XXL, 
  • sur tout ce qui est Xordinaire et Xtout,
  • sur les M. X et les Mme Y qu'on croise tous les jours dans la rue,
  • sur l'affreux malfaiteur, bandit, voleur, brigand, malotru... X contre lequel tout le monde porte plainte.
Cependant, comme j'ai déjà assez parlé, je ne dirai rien de plus.



Je 
vous 
présente 
juste 
mes 
meilleurs 
vœuX
pour 
2012.

XX*


*Pour les non initiés, XX veut dire "bisous" dans la culture anglophone.
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